LA RE\TE SOCIALlSTE ltra1wes de ces Algc'.:riens,qui se sont mis à l'unisson des Africains f:nou~hes et arriér~s et dont la mentalitc et la sensibilité sont devenues profondément distinctes des nôtres. Qu'on s'étonne enfin des derniercs manifestations clectoralcs de 1:, colonie acclamant àes hommes dont la Yiolcnce aurait soulevc'.:en France l'uniYerselle rcprobation et prcparant le jour où sera dcfinitivcrncnt ccarté le« Français de France» ... Rien n'ctonne, ne froisse plus profondément le Français de France à son arri,·ce en Algérie que le sot orgueil de race etalé par œrtains Algc'.:riensfrançais, fils de mères espagnoles, mahonnaiscs ou italiennes ... Il affiche avec une candeur qui stupcfie le nouveau venu des haines de race et de religion; ces sentiments monstrueux à notre L'poquc et chez des Français lui semblent les plus naturels et les plus normaux. « Tous les enfants du p,1ys» sont ainsi faits et il faut avoir la sottise d'un « nouYcau débarqué >> pour croire que cent ans aprc'.:'> la Rc'.:volutionet sur une terre française, tous les hommes sont c'.:gaux en droits ... On pressent maintenant comment agiraient ces Français ... à la 111otldee Cuba, bien différents de leurs péres de 18jo et qui« se font b main» en des c'.:mcutcsquotidiennes, si un con AitgraYc ou une caL1strophc nationale leur paraissait mettre en opposition les intcrêts ou les Yœux « :ilgc'.:riens >> avec ceux de la France. Encore une fois, ils ne sont pas respons:ibles de cette disposition d'esprit. La plupart se croient même, avec une candeur c'.:trangc, d'excellents patriotes et même de parfaits libc'.:raux,tant ils sont loin de savoir et de sentir que leurs passions sauY:igcs et leur fanatisme tfc race n'ont rien de commun avec la douceur et la fraternité françaises ... Les coupables ne sont pas les Français en Algérie ... Sous prétexte d'assimiler l'Algérie à la France, on laisse les fils et les petits-fils de Yaillants pionniers, des héroïques conqucrants, oublier la mcre-patric et se liner insensiblement aux cosmopolites nes auprés d'eux et qui avaient intérêt à former la fc'.:dérationdes << enfants du pays ». i\laintcnant le mal est déclaré; pour le guc'.:riril faut commencer par en révéler l'existence et en mesurer la gravité. fi en coùtc de faire pareille constatation, si douloureuse et si nanante. Mais le médecin doit souvent faire crier le malade pour l'apaiser. Il fout qu'on le sache en france surtout et qu'on ait le courage de dire : il y a en Algérie non pas 260,000 Français à opposer au bloc des etrangers, en rcalité on en compte seulement 9ï,5 3ï nés en France. Les autres, - 163,243 - n'ont jamais vu et ne Ycrront jamais la France. Ils sont mariLs pour la plupart :\ des étrangéres et sont portés par l'effet de let:r mentalité spc'.:cialeà former avec les Italiens et les Espagnols le groupement des Africains réunissant les c'.:trangers, les naturalisés, « les enfants du pays », c'est-à-dire plus de 400,000 individus allic'.:s
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