La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA ~ATUHALISAl JO~ DE~ JUI-~ ALGEIUl:.~S 2ï3 « Ah! jeunesse algérienne, à qui je suis au del.t de t0ute mesure bienveillant et que j'aime 111,1lgréses défauts, combien je te ,·oudrais plus éprise des grandes idées, plus krue de nobks ambitions, et plus r.:ellement f1.mçaise de cœur et d'esprit. . « li faut dire la vérité à tous, m.1is surtout à ceux que l'on aime. Eh bien! je ne crains pas de dire aux jeunes Algériens quïb ont beaucoup il faire pour de,·enir de vr.tis Français. Et il f.rndr.1it d'abord qu'ils aprrissent l'histoire de France, l'histoire contempor.iine ,urtout, qu'ils .1pprissent ce que fut l'Empire, ce que fut l.1 réaction, ce qu'est k ckricalisme. Car cel:i ils ne k savent p.ts et c'est pour cela quïls sont les dupes du premier agiuteur, du premier ambitieux \'enu. » Le conseil général de Consuntinc :1 rernnnu aussi la né.:essité de supprimer les écoles supérieures que nous :l\·ons créées à Alger. qm: nous n'aurions pas dù créer, parce qu'.'l mesure que L1ffiul'1Ke des étr.rngcrs pouvait modifier la mentalité du milieu algérien, nous aurions dù ,·eiller plus jalousemcnt il y maintenir dans cc milieu les traditions et l'esprit franç.iis. Le conseil général de Constantine, à diverses reprises, a a\'(:rti L1~létropolc, notamment dans l.t dt:libération dont j'extrais le>passJge sui\'.111t: « La suppression des écok~ SUJ'ericurl's, l'L'll\Oi t:n Frnnce des jeunes gens qui se destinent aux c.1rrii:1es lil-ér.1k~, m.1i11til'ndra l'unite de foi patriotique. » Et plus loin : « Le conseil regrt:tte la cn:.ition des l'.-.:ole~sup'.:rieures d'Alger, L'stimant que l'intén:t supérieur de la Fr,1n.:c exige impérieusement quc l'élite de nos jeunt:s gens, for.:émcnt destinée .\ de\'cnir l.1 cLiss..: dirigeante de la colonie, termine ses études dans l'Cnivcrsité de IJ mèrc·p.mil'. Cette mesure, rnmplétée par l'envoi dans la métropok de~ contingents .1lgéricns, assimilera seule les éléments di\'crs qui composcm notre populJtion coloniale et maintiendr.1 l'unité de foi patriotique. » Hélas! oui, Yoilà le fait capital et lamentable qu'il faut aYoir le courage de constater, voilà dégagée la c;n1se du mal : par son ignorance et sa coupable néo-lioence la ;\létropole a laissé se créer s:111selle ::, 0 et contre elle une mentalitt'.: algérienne qui hicntot n'aura plus rien de commun avec l.1mentalité franç,tis..:. On se laissait éblouir par le mirage des statistiques: on yoyait là-bas monter !>,l!lsce!>sele flot des Français qui étaient désormais plus de 300,000 contre 200,000 étrangers et 011 s'attendrissait :\ la pensée de ces fils de colon!, auxquels adressait encore récemment de si pompeux éloges un gouverneur qui ne manque pas une occasion de se tromper ou d'induire la 1'létropolc en erreur. En réalité, défalcation faite des naturalisés artificieusement dénombrés parmi les Français, l'Algérie compte maintenant 163,243 Franç.1is nés dans le pays. Tandis que leurs pères n'aYaient eu à subir que l'influence de l'esprit de conquête et des préYentions musulmanes, contrecarrée par une d·ouceur natiYe et un libéralisme convaincu, les fils et les petits-fils ont eu en outre à supporter les effets de l'invasion

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