La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA NATURAUSATION DES JCIFS ALGl:RIEKS LA Naturalisation des Juifs Algériens (Suite) 11I Comment expliquer alors qu'une mesure ardemment souhaitée en 1870, accueillie avec enthousiasme en France et en Algérie, soit considérée aujourd'hui comme la plus funeste de toutes, comme la source de toutes les iniquités et de tous les malheurs au point qu'il suffira d'abroger cet abominable décret pour rendre aux colons la prospérité, au commerce la probité, au corps électoral la liberté, à l'Algerie tout entière k bonheur parfait? Que s'est-il donc passé de si nouveau et de si extraordinaire depuis 1870? li y a là un phénoméne sociologique très curieux, très complexe qui ouvre un jour profond sur les conséquences de la politique coloniale et qui veut être analysé de près dans ses causes multiples. Sans doute pour le colon français le Juif indigène a toujours été consideré comme un être d'espèce inférieure et la judéophobie date en somme de la conquête aussi bien que l'arabophobie. A l'instar du militaire dont il se croit l'auxiliaire et dont il adopte les préjugés, le colon \·oit naturellement dans l'indigène un être inférieur qu'il faut surtout mater. Dès le premier jour il s'est mis à tutoyer le Juif comme le musulman, à les « mettre tous les deux dans le même sac » et, à l'imitation de ce bon Ramollot c0mplaisamment cité par M. Marchal, à se plaindre de leur insolence lorsque dès 1833 << ils devinrent assez hardis pour oser nous coudoyer dans les rues! » Comme le dit naïvement un enfant du pays : En Algérie on nait antijuif sans savoir pourquoi. En effet mqins l'immigré a de valeur personnelle et de culture générale, plus il est v:rniteux, porté à chercher dans la naissance une

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