t-.'OTICES IHBLIOGRAPHIQUES 253 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES . Esquisse d'un enseignement basé sur la psychologie de l'enfant. par PAUL LACOMBE, inspecteur général des bibliothèqueS et des archi,·es (r vol. in-16 Armand Colin et C;'. 3 fr. Paris). - M. P. Lacombe croit que notre système actuel d'enseignement est destiné il faire place ,1 un régime très différent, dont les grandes lignes seront données par la psychologie de l'enfant, laquelle jusqu'i.:i n'a guère été consultée. Cet enseignement, primaire et secondaire :1 la fois, sera, avant· tout, général, réel et objectif; il preparera l'enfant non :i un métier spécial, mais au métier d'homme, auquel nous sommes tous voués. On se préoccu. pera surtout de faire connaitre :i l'enfant le milieu présent, actuel, et de développer ses facultés mentales et morales. Faire de l'enfant un autodidacte, et cela di:s l'école même, voilà le but; et cc but commande et doit susciter une méthode appropriée. L'auteur esquisse cette méthode qu'il défend du reproche d'être utopique. Sa conception repose en effet sur de nombreuses observations personndles, autant que sur des déductions tirées de la science psychologique en son dernier étH. Le prince de Bismarck, par C11AnLEs ANDLER et GEORGE~ ilELLAIS ( I vol. in-18 jésus 5 fr. 50). - M. Andler publia naguère, dans la Revue de Paris, des étu,les vigoureuses et pénétrantes sur le prince de Bismarck. Il a repris cette large esquisse, achevé ce qu'elle a,·ait de nécessairement incomplet, développé ce qu'elle a,·ait, en quelques parties, de dense et de ramassé, apl.tni cc qu'elle avait parfois d'abrupt; il a contrôlé ses assertions <!! ses conjectures :1la lumière de très nombreux documents alors inconnus et publiés depuis; et il nous donne aujourd'hui un livre renouvelé, éprou,·é, parfaitement lié, l'une des études les plus lucides, les plus philosophiques, les plus explicatives que nous possédions sur l'histoire de la seconde moitié de notre siècle. Le personnage de ce livre est trop vivant encore dans nos mémoires et dans nos cœurs, son œuvre et son influence remplissent et pénl:trent encore d'une manière trop souveraine l'existence politique de l'Enrope, pour que tous acceptent sans réserl'CS une étude écrite sans faveur et sans haine. On discutera sans doute le portrait que ~l. A1;'.ller a tra~é de lï,omme, le jugement qu il a porte sur l'ccu\'l'c; mais tout le moudre re.:onnaitra que le portrait est ~xpressif, ,·ivant et "igoureux, que le 1ugemcnt est impartial, hardi et profond. Interprétation sociale et morale des prin9ipes du Développemeu t mental. Etude de Psycho-sociologie, p.tr J. ~!. HALD\\,:--, professeur à l'Cni,·crsité de Prin.:cton. Traduit sur la seconde édition anglaise a\'CC la collaborarion de l'auteur, par G. L. Duprat, docteur ès-lettres, professeur de philosophie. Paris, 1899, \'. Giard et E. Brière, éditeurs, \'Olumc in-8", broché, 10 fr. ; relié (reliure de la bibliothèque), 12 fr. - Ce volume est la traduction d'un ouna"c trl:s important au poi11t de vue psycho-s~- ciologiquc, <:erit par M. ilaldwin, ui, auteur américain, dont on connaît la h:tutc valeur scicntilique, t1c serait-cc que par la traduction qui .1 été faite en 189ï, de sot1 livre Le développe111m1l 11e11tadlans l'e1!fa11/ el dam /11 rnce. M. Baldwin a voulu montrer que la " ,lialectique du dc,·et1ir soci.d ", comme la « dialectique du de\'enir pcrsont1el »";"'s'effectue par trois moments successifs : le premier est projeclif le second est s11bjeclij, le troisieme e,t éjecl1f. Le moi collectif reçoit des it1di,·idus « leurs particularisations ", il se constitue ainsi; puis il impose aux individus ses (( gt!nér:tlb.nions », tout com111e} 'enfant reçoit du dehors les notions qui constituent son moi : il subjective ainsi des él<:- met1ts objectifs, puis il les éjecti,·e en autrui et s'efforce de rendre les autres personnes semblables :i lui 11011 seulement en i111:tgin:ttion, rnais en fait. - D'une étude approfondie du moi et de son mod.:: de constitution, M. Baldwin dégage cette conclusion que le véritable moi n'est ni l'ego, ni l'aller, mais le soriw en qui l'ego et l'alter sont conciliés. La conciliation de l'indi\'idu et de la .société est faite pour autant. Toutefois il y a dans la société des individus de génie qui dépassent le niveau social moyen, qui devancent l'évolution de la collectivité, et qui t1e peuvent donner sur le champ à leurs inventions ou ,1 leurs innovations la sanction sociale indispensable cepené.ant à toute invention véritable. Il peut y avoir conAit entr<! deux autorités morales, la société et l'indi,•idu. La solution de ce conflit est loin
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