• LA REVUE SOCIALISTE d'être aisée. Si l'individu est vraiment un homme de génie et non un dément, un visionnaire, la société doit le suivre, car c'est lui qui fait le progrès, parfois le salut de la collectivité. Les origines de la religion, par JuLEs BAISSAC,nouvelle édition. (2 vol. in-8", 12 fr. - Félix Alcan, éditeur.) Comn1e son titre l'indique, il ne s'agit point dans cet ouvrage de l'origine des ReligioJJS, mais bien, et dans le sens le plus éte::du, de l'origine de la Religion, c'est-à-dire de la genèse de l'idée de religion , de ses premières manifestations parmi les hommes primitifs et de son introduction première dans les mœurs, puis dans les lois des premières civilisations. Grâce à sa connaissance, pour ainsi dire universelle et vraiment prodigieuse, de la plupart des langues ancit!nnes et d'un nombre extraordinaire de langues modernes, Jules Baissac a pu consulter aux sources mêmes les documen~s originaux et les travaux de tous les savants detoutes les époques, anciennes ou contemporaines. JI a été rois ainsi en état de produire un de ces livres qui sont l'un des monuments les plus précieux de la haute critique historique et religieuse contemporaine. Les Paysans et la question paysanne en France dans le dernier quart du XVIIIe siècle, par N. lüREJEw, professeur d'histoire à l'université de Saint-Pétersbourg; traduit du russe par M11 • C. W. WoYNAROWSJ<A, licenciée ès sciences sociales. 1899. Paris. V. Gia rd et E. Brière, éditeurs. Un vo ]urne in-8°. Prix r2 francs.De même que la q11estio1011vrière domine le dix-neuvième siècle, le siècle des ouvriers, comme a dit Gladstone, de mème la q11eslio1p1aysa1111e a été le problème fondamental, non résolu, de l'ancien régime finissant. Et cependant dans les grands travaux consacrés par M. Bonnemère, du Cellier, Dareste de la Chavanne, Doniol, Leymarie à l'histoire des classes rurales en France, le dixhuitième siècle est la période la moins étudiée. Le présent ouvrage est particulièrement consacré à la question paysanne dans le de:nier quart du dix-huitième siècle, de 1774 à 1793, bien qu'en traits saillants i'auteur ait montré, en s'appuyant sur les travaux antérieurs, l'évolution de la condition des terres et des paysans. Toute cette histoire était jusqu'ici encore enfoncée dans nos archives, sauf de rares pièces publiées depuis une vingtaine d'années. M. Karéiew n'a pas seulement consulté tous le~ travaux écrits sur cette question (on en pourra juger par son excellente bibliographie générale qui ne contient pas moins de vingt-sept pages de petit texte), il ne s'est même pas conenté des sources imprimées de nos biblioh,cques, il à compulsé nos « archives nationalcs », la section des manuscrits à la Bibliothèque nationale et un certain nombre de collections particulières. L'ouvrage est divisé en sept parties respectivement consacrées : aux relations des seigneurs et des paysans; de la bourgeoisie et des paysans; de l'Etat et des paysans; à la situation générale des paysans avant la Révolution ; à la question paysanne; aux projets et essais de réformes; aux élections aux Etats géuéraux et aux cahiers de 1789 sur la question; à la solution donnée a la question paysanne. li est impossible de donner dans ces quelques lignes même un aperçu de l'impor1ance de la question étudiée, de l'abondance et de la sûreté des documents mis en œuvre, de la solidité et de l'originalité des vues de l'auteur. Nous renverrons simplement au bel éloge qui a été fait de l'édition russe de ce livre à l'Académie des scieuces morales et politiques. et aux remarquables articles qu'y a consacrés Alfred Maury dans Je ]011mal des Sava11ts. Des Religions comparées au point de vue sociologique, par Raoul DE LA GRASSERlll, lauréat de l'Institut, correspondant du ministère de l'instruction publique, docteur en droit, juge au tribunal de Rennes. Paris, 1899. V. Giard et Brière, éditeurs. Un vol." in-8°, broché, 7 fr. ; avec reliure de l.1 bibliothi:que, 9 fr. -- M. Raoul de la Grasserie, déjà bien connu par ses travaux de sociologie et de linguistique, vient de pub!ier une étude comparative des diverses religions, mais il a restreint ce très vaste sujet au point de vue sociologique, excluant avec soin tout autre, notamment le point de vue psychologique, qui a une portée toute à fait différente. L'entreprise ainsi dclimitée est encore très vaste, d'autant plus que l'auteur passe en revue toutes les religions connues et marque Jeurs traits es~entiels. Nous ne pouvons donner plus exactement une idée de l'économie de ce livre qu'en citant les titres de ces chapitres qui sont les suivants : Des sciences cosmosociologiques; de la place de la religion parmi ses sciences; du lien social cosmique; des objets du lien religieux ; théorie organique de la société interne: sa constitution et son évolution religieuse; des sociétés interdivines et intradivines ; de la lutte entre les sociétés interdivines ; de la société religieuse externe; de la même it la deuxième puissance ; des rapports entre les sociétés religieuses ; des rapports entre celles-ci et les sociétés civiles; de la classification des sociétés religieuses; de l'avenir sociologique des religions. On voit que le charr,p est très vaste. L'auteur de ce livre l'a cependant parcouru partout avec soin. tt si l'on peut ne pas partager son avis sur beaucoup de points, il faut reconnaître que son œuvre contient beaucoup d'observations directes et d'idées nou-
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