LA REVUE SOCIALISTE ils sa\·cnt trés bien ce qu'ils veulent dire. Les marxistes de même. Reste qu'en effet, quand on entre dans le détail historique, il faut marquer les nuances, ne pas trop sacrifier l'individu. A moins, encore une fois, de recourir .\ l'illusionisme. Et c'est à nouveau de la haute métaphysique. Reconnaissons pourtant que les comparaisons de la société à un organisme, de la conscience sociale à cet épiphénomène qu'on appelle la conscience de l'animal, ne sont pas sans valeur. Cc sont plus que des métaphores. Ce sont de très scientifiques analogies. L'exposé critique de la théorie marxiste de la valeur est une des parties ks plus importantes de l'ouvrage. L'école marxiste a rendu aux curieux de philosophie économique le ~ervice signalé de dénoncer cette lacune scandaleuse de l'économie politique courante : une théorie de la valeur. C'est de ce « j'accuse » que sont sortis, plus ou moins directement, les remarquables tra\·aux de Cournot, en France, de \\'airas et de \.Viniarsky, en Suisse, de Stanley Jevons, en Angleterre et de tant d'autres penseurs éminents dont la liste est donnée par l'auteur avec une conscience bibliographique dont tout le monde profitera. G. Renard ,1 tenté récemment de rendre accessibles au grand public ces théories nouvelles dont Aristote, suivant la remarque de Marx, est l'initiateur. Sur l'évolution sociale et le communisme, soit primitif, soit futur, l\I. Th.-G. Masaryk, à propos de Marx et d'Engels, nous jette bien loin du socialisme proprement dit qui s'attaque aux choses actuelles. C'est tant mieux pour le lecteur. On trouve un résumé très complet des derniers travaux sur l'origine de la famille. Cette partie purement scientifique, où les passions politiques ne peuvent se faire jour, est peut-être la plus intéressante du volume. Dans la quatrième partie, le système idéologique, sont abordées les q'uestions de l'Etat et du droit. C'est l'occasion d'une étude historique remarquable. Le droit y est considéré comme une création vraiment humaine, historique. De même dans le chapitre« Nationalité et Internationalisme » l'auteur insiste sur la valeur du principe ou plutôt du fait des nationalités. Il cite et commente à ce propos les plus grands historiens et romanciers philosophes de Michelet à Dostoïewski. Nous voici de plus en plus lancé en pleine mer. La question religieuse, la question morale, le socialisme et l'art, sont des questions presque indépendantes de la politique pratique. C'est pour marquer le rapport étroit et profond de ces choses, en apparence étrangères l'une à l'autre, qu'a été créé le vocable excellent de socialisme intégr.1I. L'auteur conclut en revenant à la métaphysique marxiste, clef du système. li croit pouvoir la définir : un objectivisme et un positivisme plus qu'absolu, un matérialisme intransigeant. Les derniers chapitres, très intéressants, nous arrêteront moins. Il s'agit de tactique de parti, révolution ou réforme, marxisme et parlementarisme. Ces questions sont traitées quotidiennement dans les journaux. P. B.
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