• LA REVl'E SOCIALISTE REVUE DES LIVRES Les bases philosophiques et sociologiques du marxisme, études sur • les questions sociales, par Th.-G. MASARYK,professeur à l'Université de Prague. (Vienne, librairie Carl Konegen, 1899. 600 pages in-8°.) - Le marxisme a donné lieu, ces dernières années, à de nombreux travaux. On ne peut plus dire que c'est une doctrine scellée de sept sceaux. Elle est au contraire mise en pleine lumière, accessible à tous. Le professeur Th.-G. Masaryk vient le dernier en date, mais non en mérite. Non content de donner une analyse critique, avec citations copieuses, des œuvrèS de Marx et d'Engels, il met à contribution toute la littérature inspirée de Marx, spécialement l'allemande. Son œuvre historique est du même coup une œuvre dogmatique. C'est, à propos des doctrines dites marxistes, une« somme» de sociologie. Jusqu'à présent, dit-il à peu près dans sa préface, on s'était occupé des doctrines de Marx et de son école au point de vue national-économique, et même purement polémique. Je me suis donné la tâche d'exposer la signification du marxisme comme système philosophique. Pas une question de philosophie géncrale se rattachant à la sociologie qui ne fasse l'objet d'un chapitre étendu et approfondi : le matérialisme historique - la lutte de classes - le communisme primitif - le communisme de l'avenir - les origines de la famille - la question féministe, l'amour libre - nationalisme et internationalisme - la question religieuse - la question morale - Je socialisme et l'art - la politique marxiste - marxisme et parlementarisme - la crise intérieure du marxisme, tels sont, très écourtés, les principaux sujets traités. Le livre débute par un historique détaillé. Les origines scientifiques et philosophiques de Marx sont notées avec soin. C'est une reYue de toute la philosophie allemande dans ses rapports avec le marxisme. Il est surtoi.1t insisté sur Hegel et sur Feuerbach. L'auteur pense que Marx accepte en bloc le naturalisme et le matérialisme de Feuerbach, en y joignant un ultra-positivisme et une tendance antireligieuse très violente. Cette tendance est d'ailleurs la caractéristique de toute la gauche hégélienne. Ajoutons, avec l'auteur, que les influences italienne et française du dix-huitième siècle et les influences plus récentes de Darwin sur Marx ne sont pas négligeables. Néanmoins Marx resta toujours essentiellement hégélien et foncièrement allemand comme philosophe. Saint-Simon, Proudhon, Fourier ne lui fournissent guère que des matières de polémique. D'où le nom de socialisme scientifique que Marx, Engels et leur école mettent-en avant, par opposition au socialisme utopique. D'où le cachet natu-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==