2J.1. LA RE\.UE SOCIALISTE correcte. Le:-,que~tionsd'intérêt ont pourdcfenseur le notaire, qui trouve bien faites les lois au milieu desquelles il a Yécu et dont il a toujours profité. Le curé complctc l'ensemble en apportant dans les plis de sa soutane les sanctions de la religion et de la morale. Quoique Fulbert ait une âme quelque peu tourmentée, cc petit intérieur coulerait, assez platement, des jours p:1Ïsibles sans l'apparition soudaine et imprén1c de l'étranger. L'étranger, c'est le frère adultcrin de Fulbert, ce fils de son dcfunt perc. Abandonne, je ne sais trop quelle a etc son éducation. La solitude, la pauvreté, le malheur l'ont aigri, il est devenu rérnlutionnaire et rédige un journal anarchiste. Cette propagande l'a fait jeter en pïison. Il Yient d'être libéré et, tout enflammé, plein de colère et d'indignation, il envahit la calme maison de Fulbert. Son insolence y répand le trouble. Il dit des choses justes en elles-mêmes, mais il ne les exprime qu'ayec une hautc'ur et une véhémence qui blessent son frére. Il dit l'injustice de son sort, son isolement, sa misère. Il formule ses revendications et, la menace à la bouche, il réclame une part de l'héritage de son père. Naturellement le notaire et le cure, au nom des lois ccrites, au nom de la morale officielle, demontrent que ces prétentions sont Yaines; que même ce serait une faute d'y satisfaire, que le sacrifice des bâtards est la sall\·egardc de la famille. Le débat est élevc. Il est ce qu'a Youlu l'auteur, c'est-à-dire un prétexte à lancer des arguments qui feront sape contre la société. Au théâtre la foule le trouve, je pense, un peu abstrait. Elle demeure toujours très enfant; elle n'aime guère qu'on lui exprime des idées. Cc qu'il lui faut, cc sont des faits, des fables ingénieuses, d'ou une conclusion se dégage aisément, sans presque que l'auteur ait besoin de la formuler. Les faiseurs de définition affirment que l'homme est un animal doué de raison. Oh! si peu, hélas! Le public est tout nerfs; il ne comprend que les arguments qui s'adressent au cœur. Encore faut-il les lui prcsenter sous forme concrète. Le dénouement de la Sape est assez inattendu et ne manque pas de grandeur. Le bourgeois abandonne ses principes et se convertit. Fulbert renie le notaire et le cure et, dans un noble élan de aénéro- .:> site, il ouvre ses bras à l'etranacr. Telle est cette œunc forte sur ::-, laquelle j'ai fait des réserYcs necessaircs, mais qui vaut par la hardiesse et l'audace des Yisées. Le théâtre peut cspcrer beaucoup de M. Georges Lenevcu. M. Emile Veyrin, l'auteur de cc noble drame La Pâquesocialiste, vient de faire jouer ù la Comédie-Française une piece en un acte, Frêlr et Forte, qui ne contient pas, comme la première, un exposé de doctrine, mais qui est une œuvre délicate d'cmotion et de sentiment. L'idée premièr1.: de la piecc est portée sur cette obscrYation juste que
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