La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LE TROISIÈME CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMANDS 17 dépendance vis-à-vis des fédérations, avait demandé qu'a côté des fédérations les cartels fussent représentés aux congres des syndicats, avait fait de la propagande pour la préparation d'une conférence spéciale des cartels. Et il avait semblé aux hommes qui s'étaient consacrés a l'œuvre d'organisation et de centralisation, que dans les cartels, s'ils étaient abandonnés a leur tendance spontanée, l'ancien danger localiste allait réapparaître, plus redoutable. Plusieurs questions allaient se poser au Congres. Actuellement, dans un certain nombre de villes, au premier rang desquelles se trouYe Berlin, les cartels admettent les délégucs de syndicats restés en dehors des organisations centralisées. La discipline, les besoins d'unité n'exigeraient-ils pas que le Congres se prononçf1t contre de pareilles admissions? D'autre part, la'proposition d'admettre des délcgués des cartels dans les congres généraux des syndicats aYait était faite, avait été discutée. Ne fallait-il pas prendre officiellement parti ? Enfin un domainc,domaine commun aux cartels et aux fédérations, menaçait de devenir l'occasion de perpétuels conflits, de devenir un puissant moyen, pour les cartels, de tenir en échec les fèdcrations : le domaine des grevcs. Un syndicat, dans un lieu donné, se proposant d'organiser une grhe, serait-il loisible au cartel, dans l'avenir comme dans le passé, de décider de la cessation du travail, ou bien la décision relt'.:veraitelle exclusivement de la fédération? Etait-cc au cartel, groupe local, ou i la fédération, organisation centralisée, qu'il appartenait de prononcer? Sur ce dernier point, au Congres, violemment les deux tendances se heurtèrent. Les uns montraient comment un grand nombrtdegrèves ne réussissaient que grâce à l'appui des cartels, et déclaraient nécessaire par suite de prendre en considération l'avis d'institutions dontle concours financier était si profitable; - les autres rappelaient les greves malheureuses dont les cartels avaient pris l'initiative, et essayaient d'établir qu'une greve n'est engagée d'une façon naiment sérieuse que si la fedération la juge opportune, et se sent assez forte pour la soutenir, pour la faire triompher. Le Congrès se prononça, à l'unanimité moins cinq voix, pour la suprématie des féderations. « Les décisions relatives aux grèves, déclare l'ordre _du jour qui fut adopté, doivent être prises exclusivement par les conseils des fédérations. - Si, en un lieu déterminé, une organisation veut se mettre en grève ou se trouve déjà en grève, le cartel est obligé de fournir au conseil central de l'organisation, sur sa demande, un rapport sur la situation. - Le cartel ne peut donner son 2

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