RECI-IERCIIES Slï~ L'ORIGIXE OE L'IOÉE DL" BIEX 2 33 multitude et avoir par conséquent plus à craindre d'elle que de l'cnm:mi, ou bien à ne pas s'en serYir et ù se présenter au combat a\·ec une armée naiment oligarchique», c'est-à-dire réduite aux citoyens riches. Mais les nouYelles nécessités de la guerre forcercnt les rich;s à dompter leurs fr,1yeurs et à Yiolcr les antiques cot.aumes; elles les obligl'.:rent ,i armer les pauHcs et même les csclaYes. Les :\thèniens enrôlèrent sur b flotte des escla\·es, en leur promettant la liberté, et ils libérèrent ceux qui s'étaient Yaillament battus aux Arginuses (--1-06 aYant Jésus-Christ). Les Spartiates eux-mêmes durent armer et libérer ,les ilotes; ils cnvoyèren t au secours des Syracusains, assiégés par les Athéniens, un corps de 600 hoplites, composé d'ilotes et de 11eoda111C1des (nouYeaux affranchis.) Tandis que le goll\·erncment de la République de Sparte frappait d'infamie les Spartiates qui aYaicnt rendu les armes :i Sphactcrics, bien que plusieurs d'entre eux eussent occupé de hautes positions politiques, il accordait la liberté aux ilotes qui leur a\·aient fait passer des Yiwes pendant qu'ils étaient assiégés par les troupe~ athéniennes. La solde qui transforma le guerrier en mercenaire, en soldat ( 1) deYint en peu de temps un instrument de dissolution sociale : les Grecs avaient juré à Platée, « qu'ils li:gueraient aux enfants de leurs enfants la haine contre les Perses pour que cette haine dur:it tant que les flem'es couleraient YCrsla mer »; cependant un demi-siècle après cc fier serment, Athéniens, Spartiates et Pi:loponèsiens courtisaient à l'enYi le roi de Perse, afin d'obtenir des subsides pour payer leurs matelots et leurs soldats. La guerre du Pèloponèse précipita la chute des partis aristocratiques et fit éclater au grand jour la ruine des mœurs héroïques que les phénomènes économiqu<.:sa\·aient sourdement préparée. Les riches qui s'étaient résen·é, comme le premier de leurs priviléges, le droit de porter des armes et de défendre la patrie, prirent rapidement l'habitud~ de se faire remplacer à l':irmée par des mercenaires; un siècle après l'innoYation de Périclès le gros des années d'Athènes était composé de soldats salariés. Démosthène dit dans une de ses Olynthiennes que dans l'armce enYoyée contre Olynthe il y aYait --1-,000 citoyens et ro,ooo mercenaires; que dans celle que Philippe battit à Cheronnée, il y aYait 2,000 Athéniens et Thébains et 15,000 mercenaires. Les riches quoique ne se battant pas, récoltaien~ les bénéfices de la guerre: « Les riches sont excellents pour garder lrs richesses, disait Athenagoras, le démagogue syracusain, ils aban- (r) Le- mot sold:\t qui, d,ms les langues europ~ennes ~ r~mplacl! cd_ui de guerrie, (soldier, anglais, soldai, allemand, soldado, e_spagnol, soldalo: 1t.1l1~n,etc.) vient de s~/1du~, sou, d"où solde. C'est du salaire qu'il reçoit que le m1lita1re dcn\'e son nom. H1stor1quement le soldat est le premier salaril!.
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