RECllERCIIES Slïl t'OR!Gi:S:E DE t'IDü: Dl' BTEX 2 31 comme Athènes; aussi lorsque Pisandcr abolit lc gou\'erncment démocratique, il décrba que les juges ne seraient plus payés, que les soldats seuls rcccvrai~nt un salaire et guc le maniement des affaires publiques ne serait confié qu'J 5,ooo citoyens, capables de serYir l'Etat de leur fortune et de leur personne. Périclès, pour contenir et satisfaire les artisans, qui faisaient cause commune aYec les frelons, avait dû entreprendre de grands travaux publics. Les phénomènes èconomigues, qui en dèpossédant une partie de la classe patricienne, crbient une classe de déclassés, ruinés et révolutionnaires, se dcveloppaient plus rapidement dans les ,·illes qui par leur position maritime deven:1ient des centres d'activitc commerciale et industrielle. La classe de plébéiens enrichis dans le commerce, l'industrie et l'usure, grandissait à mesure que le nombre des patriciens ruinés et parasites augmentait. Ces plébéiens enrichis, pour arracher aux gouvernants des droits politiques se liguaient aYec les nobles dépossédés, mais dès qu'ils les obtenaient, ils s'unissaient aux gouvernants pour combattre les patriciens appauvris et les plébéiens pauvres ou de petite fortune; et ceux-ci, lorsqu'ils deYenaient les maîtres de la cité, abolissaient les dettes, chassaient les riches et se partageaient leurs biens. Les riches bannis imploraient le secours de l'etranger pour rentrer dans leur cité et à km tour massacraient leurs vainqueurs. Ces luttes de classes ensanglantcrent toutes les \'illes de la Grèce et les preparèrent à la domination macédonienne et romaine. Les phénomcnes économiques et les luttes de classe qu'ils engendraient, avaient bouleversl'.:les conditions de vie, :rn milieu desquelles s'était élaboré l'idéal héroïque. La manière de faire la guerre avait été profondément transformée par les phénomènes économiques. La piraterie et le brigandage, ces industries favorites des héros barbares, aYaient été rendues difficiles, depuis que les fortifications perfectionnées des villes les mettaient à l'abri des coups de main. Solon, bien que chef d'une Yille commer- •ciale et commerçant lui-mème, aYait été oblige, pour complaire à des habitudes invétérées, de fonder à Athènes un collège de pirates, mais l'établissement de nombreuses colonies le long des cotes méditerranéennes et le développement commercial qui en fut la conséquence, avaient forcé les villes maritimes à établir la police des mers et à donner la chasse aux pirates, dont l'industrie perdait de son prestige, à 111esureque ses 'bénéfices diminuaient. . , , . , Des changements d'une importance capitale s eta1ent effectu~s dans l'organisation des armées de mer et de terre.' Les héros ho~neriques, ainsi que les Scandinaves, qui plus tard devaient rav~g.c1l.e·s cot~s européennes de ]'Atlantique, quand ils partaient en exped1t1onmantime, ne prenaient pas avec eux des rameurs et des matelots : leurs
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