lll·:c11 ERCII 1-:s SLïl 1.'01uG1'-: 1-: DE L' JDÜ, DU BI E>- 22 5 geoise, quoique rien 11eparaisse plus naturel pour les bourgeois que <l.'envoyerà leur place dans les expéditions coloniales des ouvriers et des paysans et même quand ils le peuvent, de confier la défense de la patrie à des prolétaires qui• n'en possedent ni un pouce de terre, ni un engrenage de machine. L.:s J)atriciens se réservaient, comme un privilege, la défense de la ].latrie, parce que eux seuls avaient une patrie, car alors on n'avait une patrie qu'a la condition de J)Osséder un coin de son sol. Les étrangers qui, pour cause de commerce et <l'industrie, résidaient dans une cité antique, ne pouvaient J.lOSsédemr ême la maison dans laquelle ils trafiquaient de pere en fils, et ils restaient des étrangers quoique habitant la Yillc depuis des générations. II fallut trois siecles de luttes aux J.llébéiens romains qui demeuraient sur le mont Aventin pour obtenir la propriété des terrains sur lesquels ils avaient br1ti leurs maisons. Les étrangers, les prolétaires, les artisans, les marchands, les colons, les serfs et les esclaves étaient dispensés du service militaire et n'avaient J.laSle droit de porter des armes, ni même d'avoir du courage, qui était le privilege de la classe patricienne (1). Thucydide rapporte que les magistrats de Sparte firent massacrer traitreusement 2,000 ilotes qui par leur bravoure Yenaient de sauver la république. Du moment qu'il était interdit aux plébéiens de prendre part à la défense de leur pays natal et de posséder par conséquent du courage, la lùcheté devait nécessairement être la Yertu maitresse de la plébe, comme le courage était celle de l'aristocratie; aussi l'adjectif grec Knlws (lf1che, laid, méchant) veut substantivement dire homme de la plebe, tandis que Aristos, superlatif d'Agnthos, désigne un membre de la classe patricienne; et le latin malus signifie laid, difforme, comme l'étaient aux yeux du patricien l'esclave et l'artisan, déformés selon Xénophon par leurs métiers, tandis que les exercices gymnastiques développaient harmoniquement le corps de l'aristocrate ( 2). Le patnc1en de la Rome antique était bonus et l'eupatri<le de la Grece homérique était Agat/Jos, parce que l'un et l'autre possédaient ( 1) Mème dans la démocratique Athenes, du temps d'Aristophane, les marchands n'étaient pas astreints au service militaire; le sycophante de son Plutus déclare qu'il se fait marchand pour ne pas partir i1 la guerre. . . -· Plutarque dit que :Vlarius, « pour combattre les Cimbres et les T~.utor:s, _enrola au mépris des lois et des coutumes, ,les esclaves et _des gens sans aveu (c est-a-drr_e des auvres). Tous les <Yénéraux avant lui n'en recevaient pas dans leurs troupes; ils ne p b d l R. bl' •• d ' confiaient les armes, comme les autres honneurs e ,1 epu ,que, qu ,1 es ,10111mes qui fussent dignes et dont la fortune c~unuc répon,lit de leu~ fidélité ",: . , ( 2 ) « Les travaux des m0tiers délormenr_ le corps et dcgradent _l111tell1ge11cec.' est pour cette raison que les gens qui se livrent .1 ces tr.tvaux ne sont pm,ns appel es aux charges publiques ». Xénophon. Eco11011111111es. 1- )
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