La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LE TROISIÈME COl\GRÈS DES SYNDICATS ALLEMANDS I 5 « L'affaire est fort simple, déclara un délégué, elle se réduit à ceci : certains typographes n'ont pas reussi à faire triompher leur opinion et sont, pour cela, sortis de l'organisation. Or, ici, je puis déclarer sans passion aucune que la tolér:mce ne doit pas dégénérer au point de devenir une prime à la désunion. Les ouvriers en métaux ont dernierement décidé une élévation de la contribution de 20 à 30 pfennigs. Je suis conYaincu que là aussi il y aura des membres qui protesteront et pourraient pour cette raison se retirer (Un interrupteur : c'est ce qui est arriYé !) et fonder une nouvelle organisation (Nom·cllc interruption : ce qui est encore arrivé!). Cela doit être une raison pour nous de ne pas montrer ici d'indulgence ... Le devoir des membres injustement exclus était de passer tout d'abord, dans la Fédération, par toutes les juridictions, c'est-à-dire d'attendre jusqu'à la prochaine assemblée générale. Je Yous prie encore une fois de dccidcr en sorte que de tels événements soient à jamais rendus impossibles. » « Cc qui est en question, dit ensuite le président de la Fédération des Typographes, c'est de sa\'Oir si les syndicats Yeulcnt imposer à leurs membres la discipline, ou si quelques mécontents, ayant par hasard de l'influence sur la presse, doivent être autorises à fonder une organisation particulière, à porter dans les masses, en s'aidant des ressources de la phrase, un éparpillement de forces qui ne peut profiter en fin de compte qu'aux patrons. Nous aurions une belle application de la parole : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, si •la minoritc, sous prétexte qu'elle a une opinion divergente, se séparait de l'ensemble! Même la liberté d'opinion doit aYoir sa limite: c'est ce qui est contenu dans notre principe démocratique, que la volonté de la majorité décide. Ou bien voulons-nous en Yenir à ce que quarante ou cent personnes puissent dicter des lois à vingt mille? La liberté d'opinion consiste pour ces messieurs en ce que leur volonté soit faite ... Au moment où \'OUS reconnaitriez la validité du mandat, vous accorderiez à chacun la liberté de ne plus suivre les décisions de la majorité. Les syndicats ont besoin de discipline bien plus encore que le parti politique, car le dommage produit par l'indiscipline est pour eux bien plus grand. Quelle impression peut faire sur les patrons une classe ouvrière divisée? » - Pour prendre parti dans cette question, le vote nominal fut proposé, et la proposition trouva l'appui, exigé par le règlement, de 30 délégués. Il résultait du choix de cc mode de vote que ce n'était pas le nombre des voix des délégués qui comptait, mais le nombre des voix représentées par eux. 26 délégués représentant II6,323 syi1diqués, se prononcèrent pour la validation du mandat; 96 délégués, représentant 347 ,o 34 syndiqués, se prononcèrent contre. La Fédération l'avait emporté sur le Syndicat. Les principes de l'organisation unitaire, disciplinée, avaient triomphé.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==