La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

218 LA REVUE SOCIALISTE cains, radicaux (on appelle radicaux ceux, qui ont un programme politique identique à celui des républicains, mais reconnaissent la forme monarchique et sont ministrables) s'unirent pour la lutte· commune et désignerent en commun l'eurs candidats. Lorsque nous disons que l'alliance des partis populaires fut saluée avec- enthousiasme nous Youlons parler de cc qui s'est passé dans l'Italie septentrionale. De l'Italie méridionale, il est inutile de parler. Là, la conscience populaire n'est pas encore formée, l'ignorance y regne en souveraine, de pair avec la corruption, la propagande socialiste y a été à peine commencée. La lutte des partis politiques, au sens vrai du mot, y est inconnue. On combat pour telle personne, pour telle clientele, par sympathie, mais surtout pour celui qui dé.pense le plus d'argent pour se faire élire. Le peuple ïgnore dans l'Italie 'du sud l'importance des élections, il s'en désintéresse ou ne s'en occupe qu'à la condition'd'y trouver un profit. Dans l'Italie méridionale, l'union dont nous aYons parlé prit le titre <l'Uniondes partis populaires. Contre eux, s'étaient groupées toutes fractions des partis conservateurs, co11sorti,. modérés, libéraux, progressistes(!) (genre Méline comme en France) enroulés dans le drapeau de la monarchie. Quant aux déricaux, il faut établir une distinction. Les «intransigeants», qui, ne reconnaissant pas l'unité italienne ou qui la reconnaissànt sont les ennemis du gouvernement actuel, ont combattu seuls, tres forts dans quelques· régions. Les cléricaux « transigeants » ont un programme économique et politique seniblable à celui des progressistes et des libéraux, c'est-à-dire qu'ils n'en ont aucun. Ils se différencient des précédents en ce qu'ils voudraient avoir dans l'Ét,tt leur part du gâteau. Ouvertement dans certains endroits, en secret dans d'autres, ils facilitentî'œuvre des modérés. Les cléricaux intransigeants ne combattirent pas sur un grand nombre de points. Ils tenaient spéciàlcnient à s'affirmer. Et cette ;iffinnation ne fut guere satisfaisante, excéption faite des communes où leur programme économique et agricole favorable aux ouvriers leur avait acquis quelques adhérents et des sympathies. En somme la vraie lutte s'engagea entre les modérés représentants et mandataires de la bour:.. geoisie capitaliste d'une part et les partis populaires de l'autre - et c'est ce qui en fait la signification politique. A qui est restée la victoite? Sans conteste, aux partis populaires. Milan, la capitale morale de l'Italie, a élu par 20,ooô yoix tous les candidats de la liste populaire. A Turin, l'antique forteresse des royalistes, les socialistes sont demeurés maîtres du terrain au Conseil communal comme au Conseil provincial.· La Lombardie s'est inspirée de ces grands exemples, et voici qu'à Pavie, à Côme, à Crémoüe, à Mantoue, à Monga, c'est-à-dire dans

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