La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LES ÉLECTJO>IS CO~IML'NALES E~ ITALIE '2 19 toutes les plus importantes cités de la Lombardie, la démocratie a triomphé. \·oici qu'à Ronagrano, à Lesia, à Trecate, à Cauceli, dans le Piémont, la prédominance est assurée aux partis populaires. Alexandrée est hr premiére grande Yille de l'Italie ou le conseil communal, complètement socialist<.: aura à sa charae toute l'admi- ' 0 nistration. La victoire des democrates en Lombardie, des socialistes en Piémont, s'explique aisément. La Lombardie, avant k Piémont, a eu une éducation politique due au développement de l'industrialisme et du grand commerce. Les organisations ou,-ri<'.:ress'y sont établies sur un excellent terrain. Le Pi<'.:mont est en pleine conquête par le socialisme, qui y a trouYé une population calme, disciplinée, tranquille, semblable à celle de l'Allemagne. Il faut noter en Lombardie l'intéressant phénoméne présenté par la province de Brescia, représentée par ~l. Zanardelli, député anticlérical et libéral. U, les cléricaux ont fait une propagande si assidue qu'ils ont réussi a :ivoir le dessus. Après le Piémont et la Lombardie, ks contn:es qui presentent un intérêt sont encore l'Emilie, la Romagne et la Toscane. L'Emilie est la région où les socialistes ont obtenu le plus de Yoix. A Reggio, Emilia, à Guastala, :'i !'llonteschi, à Gualtieri, la ,·ictoire, on peut le dire, est exclusivement socialiste. :\ Parme, :'i Piacenza, à Ferrara, les partis populaires ont Yaincu la réaction. Bologne seule a donné la victoire aux moderés. C'est peut-êt,·e l'unique cité d'Italie dans laquelle ks modérés aient réussi sa11s le secours des cléricaux. C'est que la liste modérée comprenait des hommes sympathiques et qu'aussi Bologne, où Yit et enseigne Carducci, le très grand poéte, et en même temps un des modérés les plus influents, est pour cela même une cité monarchiste. La Romagne aYait été conquise par les républicains, non pas parce qu'il existe dans cette pro\'ince une conscience républicaine, mais parce que le feu, l'ardeur de ses habitants leur rend difficile l'acception d'idées modl'.:rées. Aussi la Romagne avait-elle élu des socialistes et des républicains et l'on attendait beaucoup de leur action. Mais l'enthousiasme est mort vite et les monarchistes ont repris leurs anciennes positions à Faenza et à Duro. En Toscane, bien que peu de candidats des partis populaires soient entrés aux conseils communaux des deux capitales : Siena et Florence, on peut dire que le triomphe n'en a pas été moins grand. A Pise, la moitié du conseil leur est acquise, à Arrezzo la pn::sque totalité des sieges leur appartient. Enfin, à Siena et a Florence, les prochaines élections marqueront un succes décisif. Ce qui est significatif en Toscane, c'est que la propagande socialiste y a été peu

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