LES ÈLECTIO>IS cm,~!U~ALES EN ITALIE 2r7 conseils communaux. Il n'en fut rien : l'année s'écoula sans que les élections administratiYes eurent lieu. Comment cela? Il ne faut pas oublier que jusqu'à ce jour les communes de l'Italie ont été entre les I11ains de coteries locales ou co,isorterie. Quelques familles connues par leurs titres de noblesse, appartenant à l'aristocratie, s'étaient adjoint quelques bourgeois riches et avides au gain, puis, profitant de l'inertie des citoyens, étaient entrées véritablement << en possession» des communes presque sans compétiteurs et sans contestations. Ces coteries s'étaient introduites de cette facon dans toutes les institutions financiéres, dans les œunes pies, dans, beaucoup d'administrations publiques et privées, se créant une « clientèle >> de tournisseurs, d'employés, etc., transformant l'administration des communes en moyen de défense et de domination de leurs propres intérêts. Les consorlerie ne représentent donc que des « syndicats d'intérêt ». Elles ont en haine tout ce qui est discussion, contrôle, progrés, car en l'acceptant elles perdraient trés vite le pouvoir. Mais les socialistes (aidés dans la Lombardie par les démocrates et dans la Romagne par les républicains) ont réussi à dévoiler l'artifice et l'hypocrisie des co11sorli: dés r898 ils étaient prêts à les combattre et à les vaincre comme à Milan. La révolte de mai r898 survint, exagérée par la bourgeoisie dominante dans le but de précipiter le gouvernement dans la réaction. Les consorti avaient cru y trouver l'occasion de détruire le socialisme et de rester ainsi les maîtres des communes. Apeuré par les fausses nouvelles que lui adressaient les conservateurs, le gouvernement prorogea à nouveau les élections administratives. Au début, l'habileté hypocrite des consorti, des r.10narchistes et des modérés, réussit à mettre les socialistes en fausse posture vis-à-vis du peuple. Mais peu aprés le jeu était découvert, si bien qu'en r899 tous les électeurs avaient deviné le vrai motif des retards successifs apportés par le gouvernement à obéir à la loi électorale. D'autre part, pour protester contre le gouvernement de réaction de Pelloux et contre les restrictions à la liberté politique, une alliance spontanée naquit entre les socialistes, les républicains et les radicaux. Jusqu'à ces derniers temps, les socialistes avaient favorisé et suivi une tactique intransigeante, de combat, même contre les républicains et les radicaux. L'union a été possible cette fois, parce que les divers partis on·t pu se mettre d'accord sur un programme minimum, et que surtout il s'aaissait de donner aux élections administratives une haute b . . significationpolitique qui fut en même temps une protestation vigoureuse contre le aouvernement liberticide du général Pelloux. L'all~nce fut accueillie avec enthousiasme. Socialistes,républi- ..
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