LA CRISE DU PARTI SOCIALISTE 2rr Depuis un an, en effet, un pas avait eté fait Jans la voie de l'unification, par la crcation du Comite d'Entente. Ce Comité avait évidemment pour objectif de prévenir les cassures comme celle qui Yient de se produire. En contraignant, en quelque sorte, les délégués des diverses fractions à se Yoir, à s'entendre, à discuter en commun les mesures générales, il atténuait le particularisme inherent à toute organisation politique naturelkment portée à faire triompher ses intérêts de groupe, toujours un peu en rivalite avec ceux des groupes voisins. Malheureusement, c'était U un organe de pure relation. li avait exclusivement pour mission de mettre les organisations en communication, il n'avait ni le pouvoir - ni la Yolonté, helas ! de par sa composition, d'être un organe d'exécution commun. Et au premier jour, quand il a paru à deux organisations utile ou nécessaire de faire bande à part, même de se liner à une critique violente des organisations voisines, ces organisations dissidentes ont pu le faire sans aucun débat préalable. Evidemment, le Comite d'Entente actuel est insuffisamment constitué pour être le centre d'efforts et d'action du parti qu'il denait être. Les derniers eYéncmcnts sont venus démontrer qu'il était un rouage trop faible, un mécani. me trop lent pour mettre en brank le parti, coordonner son action et prevenir les heurts comme celui qui Yicnt d'eclater. Le manifeste a donc fait apparaitre aux yeux les plus prévenus et aux partisans les plus intransigeants des chapelles fcrmecs, et le vice de ces chapelles et les défauts de notre organisation géneralc. Cela est si nai que Jaurès et ses amis ayant proclamé l:t nécessité de faire trancher tous les points en litige par un Congn:s, les chefs d'organisations dissidents ont dù accepter la convoc.nion de ce Congrès. L'appel à la France OU\Tièrc a donc été contre le but de ces ré"dacteurs. Ceux-ci restent attachés à l'autonomie des organisations, ces organisations particuliéres aspirent ù se fondre dans une organisation plus Yaste, qui sera celle du parti tout entier, aYec un Congrès général pour arbitre et organe central. * * * Ce n'est pas tout. Si l'organisation unita1rc du parti est d'un haut intérêt, il est d'autres questions soulevces par le manifeste dont l'étude et la solution ne le céderont en rien à l'intérêt de l'unification. Guesde et Vaillant, en effet, ont dressé contre Millerand, Jaures et ses amis, un réquisitoire Yirulent. Mais c'est au nom de principes et de doctrines visés dans le manifeste qu'ils ont condamné leur politique. L'acceptation du portefeuille du commerce par Millerand n'est à leurs yeux qu'un pur accident, une « déviation » plus « grave », plus
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