La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA CRISE ni.; PARTI SOCIAI.ISTE 203 sera une grande date historique, et un parti audacieux, conquérant, ne doit pas, à mon sens, négliger ces offres du destin, ces ouvertures de l'histoire. Si le péril de la République n'est qu'une fiction et un jeu, la combinaison ministérielle est un monstre et un scandale. Mais s'il y a vraiment, comme nous le croyons de tout notre esprit, rèril pour la République, il serait fâcheux que le parti socialiste n'eùt point 5,l part directe de responsabilité dans le combat. J'ai entendu ce soir des amis qui disaient : Peu nous importerait que le général de Galliffet fùt au ministère si un socialiste n'y était pas à côté de lui. Et moi je leur dis : \' oudriez-vous donc que la République fùt sauvée sans que vous, vous combattiez au premier rang? Surtout, quand un républicain bourgeois comme M. \Valdeck-Rousseau, ému par l'immensité du péril, entreprend la lutte contre la faction militaire, quand il a l'audace de faire appel pour cette lutte à un socialiste, voudriez-vous que le socialiste se dérobât? Laissons aux radicaux ces timidités misérables et ces fuites. Millerand a assumé une responsabilité formidable. Il dépend de lui que cet acte d'audace tourne au bénéfice et de la République et du socialisme. De l'action, de l'action et encore de l'action. Par là, mais par là seulement, le ministère, contre lequel nationalistes, cléricaux, généraux vont se déchaîner, se sauvera lui·même et sauvera la liberté. Mais Jaurès subordonnait cette adhésion, - à l'entrée de Millerand dans le cabinet ·waldeck- Rousseau, - à l'adhesion générale du parti socialiste. Tout d'abord, a,·ait-il soin de dire, il faut que le parti socialiste adopte à l'égard du ministère nouveau une attitude d'ensemble. Il faut éviter non seulement toute rupture, mais toute discordance. Il importe donc que notre parti délibère sans délai sur la situation et adopte des résolutions communes. Le citoyen Dubreuilh, secrétaire du Comité d'Entente socialiste, a con\'Oqué le comité pour ce soir. Là le problème politique sera disCL_1tée;t plusieurs de nos amis se proposent de demander au Comité d'Entente de con\'oquer demain samedi les élus du groupe socialiste pour conférer avec eux. Le Comité d'Entente était convoqué, en effet pour le soir, par lettre spéciale et p:u la voie de la PetiteRépublique et de la Lanterne. Mais quelques heures aprés la publication de ces lignes, de cet appel à la concorde et à l'union, que nous approuvions tous, ~e~ journaux modérés et nationalistes qui paraissent dans l'après-1111d1 publiaient le document suivant : Dans les circonstances que nous traversons, il importe que les partis et les individus définissent leur attitude et prennent leurs responsabilités, sans vouloir faire une obstruction aux mesures dites de cc liquidation de l'affaire Dreyfus ». •

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