La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

204 LA REVUE SOCIALISTE Notre premier devoir et le mandat de nos électeurs et de notre parti e5t de poursuivre la politique de l'émancipation ouvrière et du socialisme révolutionnaire. Et nous devons l'affirmer de nouveau, et S'llrtout au moment où, impuissant à le défendre contre l'odieuse bande césarienne et nationaliste, la bourgeoisie, dite républicaine, recourt au sabre de Galliffet, le massacreur de mai, l'égorgeur des marins de Paris et des communeux. Les élus de l'Alliance communiste, du Parti socialiste révolutionnaire, du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, afin dt: mieux soutenir au Parlement cette politique essentiellement et exclusivement ouvrière et socialiste révolutionnaire qui est celle de leur parti, forment dès aujourd'hui le groupe « socialiste révolutionnaire » auquel n'auront accès que ceux des élus ayant un programme ou appartenant à un parti de « programme nettement socialiste révolutionnaire ». Ont sig11é: VAILLA?-.T, CHA uvrn, SnmAT, ALLARD, BRETON (Cher), LtTANG, DEJEANTE, GROUSSIER,RANSON,COUTANT,POULAIN, LASSALLEet vVALTER. Ainsi, sans savoir si les membres du groupe socialiste approuvaient l'entrée de Millerand dans le ministere, si ceux qui l'approuvaient refuseraient de suivre la majorité dans la décision que le groupe pouvait prendre; sans discussion, sans même provoquer une réunion de ce groupe, Vaillant et ses amis s'en retiraient, formaient un groupe nou\'eau, se séparaient bruyamment de camarades de combat à qui, pour certains, la Yeille encore ils demandaient leur appui d,111sla bataille électorale. Et cela, quelques heures avant la réunion du Comité d'Entente, composé de délégués de toutes les fractions du parti. Etait-ce, afin de bien marquer, qu'ils étaient résolus, quoi qu'il advînt, à faire échec à l'unité socialiste, vers laquelle aspire de toute son âme le prolétariat socialiste? La publication et le ton rogue de ce manifeste avaient d'autant plus lieu de surprendre, que nombre de signataires approuvaient la veille l'entrée de Millerand dans le cabinet et avaient même, quelques heures ayant, exprimé le désir ardent de maintenir entre toutes les fractions du parti l'entente cordiale, l'unité de tactique à laquelle aboutit, forcément, l'unité générale de doctrine. La lecture de ce document dans la Liberté, la Presse, la Patrie, etc., surprit une foule de groupes socialistes qui avaient déjà rédigé et mis à la poste des ordres du jour de félicitations à Millerand. Ils n'étaient malheureusement pas encore au bout de leurs étonnements.

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