La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA GRAXDEL;R DES ÉTATS-t:KIS 193 serie et la distillerie. Leur capital montait à 783 millions, dont 448 pour la seule métallurgie. Ils occupaient rno,ooo hommes et jetaient dans la circulation pour 1,500 millions de marchandises. Chicago est le pôle d'attraction d'une contrée peuplée de plus de 30 millions d'habitants à qui elle distribue l'existence et la richesse. Ses opérations financières au Clearing House dépassent 28 milliards; ses transactions commerciales, qui étaient de 4,500 millions en 1880, de 6,900 en 1897, excèdent 7,900. Et Chicago grandit toujours. Et nul ne pourrait dire si elle ne devancera pas quelque jour New-York, comme elle a déjù battu Boston et Philadelphie. Lorsque le gouYernement fédéral et les gouvernements d'Etats se seront décidés à ajouter encore quelques centaines de millions de francs aux r, 5oo qu'ils ont dépensés dès ù présent pour les Canaux du Nord, Chicago, reliée à la mer par un raccourci de 700 kilométres, surgira sans doute comme le grand marché de l' Amérique occidentale. Voilà l'un des centres d'avenir du Nouveau-Monde et cette expression parait étrange et banale, puisqu'on parle d'une ville de I, 300,000 âmes dont le nom a rempli l'univers, et dont la prodigieuse croissance est vraiment unique. Mais Chicago se tourne Yers la Yieille Europe; San-Francisco regarde vers l'Asie rajeunie par l'affiux d'une civilisation nouvelle, vers cette Océanie où fermente la she Yicrge des peuples à peine créés. Son commerce encore restreint, malgré les plus-Yalues des cinq dernières années, est destiné à grandir Yitc et brgement. Les statisticiens de ·washington ont dressé des tableaux, estimé i six ou sept milliards la circulation future des pays que la capitale de la Californie pourra desservir. La Chine, le Japon, l'Inde, l'lndo-Chinc, les Philippines, tous les archipels du Pacifique : tel est le secteur qu'on rèserYc i San-Francisco et que les Américains, avec leur sens pratique et leur Yigueur conquérante, vont ücher de s'approprier. Leurs progrès en Extrême-Orient les ont cninés de confiance; ils considèrent déjà comme ravis à l'influence anglaise Yokohama et Canton, et tous les .entrepôts surpeuplés du monde jaune. Ils saYent que pour remporter tous les succcs rhés, il leur manque encore une marine marchande, un. contingent de navires assez abondant pour exclure l'intrusion du pavillon britannique; ils se doteront d'une flotte toute neuve; ils la construiront avec leur décision coutumière et, du même coup, ils développeront leurs escadres militaires pour protéger et leurs convois de denrées et les colonies qu'ils ont prises par la force et par l'intrigue. Car l'Union Yiént de donner ce spectacle démoralisant d'une grande République soi-disant fondée sur les principes de la liberté et du respect du droit, et sanctionnant soudain, par un renversement inouï de sa conscience s·eculaire, les plus étranges attentats. Lorsqu'éclata l'insurrection cubaine, un large courant, de chaudes effiuves de 13

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