La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA RE\TE SOCIALISTE de la marine de l'Union est assez considérable dans les échanges avec l'Amérigue du Nord où il atteint 45 °/o, et l'Océanie où il excede 47 °/0 , il est presque insignifiant dans les échanges avec l'Europe où il devient infcrieur à 3 °/0 • Faute de concurrence, les grandes maisons des villes des Lacs sont encore contraintes d'utiliser les cargo-boats au drapeau étoilé et même de stimuler leur construction : c'est là la seule explication de l'adjonction de 462,000 tonnes, en neuf années,i la flottille de 1889. Cette demi-stagnation de l'effectif de l'escadre commerciale d'une part, la réduction du rôle du pavillon national dans les ports de l'Atlantique et du Pacifique de l'autre, méritent d'être rigoureusement notées : elles ont provoqué chez les cconomistes, chez tous les hommes compétents <le l'Union des réflexions parfois pessimistes et qui ne laissaient pas d'être fondées : Yoili l'une des ombres d'un splendide tableau. * * * Quel est l'avenir économiguc de l'Amérique? Son élan est-il destiné à se poursuivre; est-il à craindre qu'il ne se brise soudain, et qu'a la période d'expansion dont on vient de signaler les principaux traits, ne succede une phase d'arrêt ou même de déclin? Il semble que la République ait cté fort loin encore <le donner son maximum d'énergie et de production; ses échanges, <l'aYoir atteint un point désormais infranchissable. En somme, l'exportation par tête d'habitant n'est pas même égale à roo francs, alors qu'cn Angleterre, elle a parfois approché de 180 francs et qu'en Australasie elle a touché des chiflres autrement élevés. Pour que, toutes relations gardées, les Etats-Unis pussent rivaliser de circulation commerciale aYcc leur ancienne métropole, il leur faudrait dcvcrser annuellement sur le monde pour une douzaine de milliards. Entre ce total et celui qu'ils ont obtenu l'an dernier, il y a encore une marge énorme: nous ne doutons pas qu'ils ne la remplissent en assez peu de temps, mais il ctait bon d'établir que leurs statistiques, si remarquables soient-elles, n'ont encore rien de démesuré : et cette constatation n'atténue point l'admiration que mérite la rapiditc de leur développement. Entre toutes les régions du pays, deux attirent tout spécialement le regard, l'une celle des Lacs, parce qu'elle est à la veille de la pleine maturité de fortune; l'autre celle du Pacifique, parce qu'elle doit devenir, avant quelques années, un foyer essentiel de rayonnement et de Yie. L'actiYité de la zone des Lacs se condense autour de Chicago. En 1898, cette cite comptait 1,955 ctablissenients industriels, dont 54 pour la production de la Yiandc, 367 pour les fers et aciers, 68 pour les fers et bois, 102 pour les cuirs, 171 pour les cuivres, 1,195 pour la bros-

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