La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE 72 millions, et qu'ils absorbent des denrées alimentaires et réclament des objets manufacturés. Pour obtenir une idée adéquate des progrcs de la contrée, il faudrait donc énumérer ses diverses industries, et les confronter avec elles-mêmes à travers la période décennale. Or, si faute de place et aussi par respect pour le lecteur, nous devons exclure une analyse trop prolongée, il nous sera permis, tout au moins, de prendre deux ou trois branches de fabrication particulièrement importantes et d'en montrer la marche générale. Nous avons déjà appelé l'attention du lecteur sur l'activité de la métallurgie. Le rendement de l'industrie des fers et aciers a passé de 1,588,000 tonnes en 1880, à 3,385,000 en 1889 et 5,281,000 en 1896. La production de la soierie a subi une croissance non moins intéressante, puisqu'elle s'est multipliée de treize à quatorze fois entre 1860 et 1890, le dernier exercice recensé par le Secrétariat de Washington; mais nous savons par ailleurs que cette marche ne s'est pas ralentie depuis, puisque les importations de soies brutes, chiffrées à 5,173,000 livres en 1890, atteignaient presque le double: 10,315,000 en 1898. L'industrie des cotonnades tend à se placer de plus en plus au premier rang. Elle ne se développe pas seulement dans les États de l'Est, Pensylvanie, New-York, New-Jersey, où son installation est pour ainsi dire ancienne; elle s'est implantée sur le sol même de la matière premicre, dans les rcgions du Sud et sur les rives du Mississipi, où elle grandit avec une stupéfiante célérité. Dans douze États compris en cette zone, on comptait en 1898 491 établissements cotonniers avec 103,000 mctiers et 4,057,000 broches; cet outillage grossissait annuellement de 200,000 broches, - et si l'on veut des informations plus détaillées sur l'importance comparée de cette fabrication, nous dirons qu'elle absorbait 546,000 balles en 1890, 743,000 en 1893, 1,231,000 en 1898. Ainsi la partie de l'Union qui jadis paraissait la moins portée a se couvrir d'usines et à rompre avec sq traditions de simple culture, donne aujourd'hui l'exemple d'une fiévreuse activité. L'étude de la circulation maritime sur les littoraux de la République va nous fournir une nouvelle vue de ses progrcs généraux. En T 870 le tonnage total des marchandises entrées et sorties par voie de mer montait :.'i 12,630,000; en 1880, :\. 30,600,.000; en 1890, à 30,800,000; en 1897, a 39,900,000; en 1898, à 51,200,000. La croissance est déj:\.assez caractéristique pour les neuf dernicres années, atteignant 10 °/o; elle est énorme pour le dernier exercice et telle qu'on n'en trouverait sans doute d'cgale dans l'histoire d'aucun autre

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