La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA GRANDEUR DES ÉTATS-UNIS place spéciale. En 1898, le blé a donné un total d'exportation double de la moyenne 1890-96. Pour le coton, la progression a été presque aussi sensible : 5,667 millions de livres contre 4,897 en I 897, 3,352 en 1893, 3,439 en 1880. Ajoutons tout de suite que les ÉtatsUnis mettent en circulation 85 °/0 de la production totale du globe, pour cette dernicre matiére. La nomenclature des objets manufactures réserve beaucoup plus de surprises encore, par les bonds prodigieux qu'ont realisés certaines fabrications, hier rudimentaires, à peine dignes d'être comptées, aujourd'hui florissantes au point de chiffrer leurs ventes par centaines de millions. Les exportations de fers ont passé, entre 1889 et I 898, de 88 à 350 millions; celles des cuivres de 19 à 160, celles du papier de 5 à 27; celles des produits chimiques de 28 à 47; celles des lainages de 22 à 46; moins notables sont les majorations relevées sur les huiles minérales raffinées, 255 contre 220, et sur les cotonnades, 8 5 contre 65. Rien de plus caractéristique que la poussée énorme constatée sur les métaux dont les sorties réduites à 107 millions, il y a dix ans, se sont inscrites l'an dernier sur les tableaux douaniers pour 517; la plus-value égale presque 400 °/o. Rapprochez ces statistiques de celles qui ont été produites pour le Royaume-Uni : la conclusion se dégagera d'elle-même, avec une irréfutable éloquence. Enserrée entre l'essor métallurgique de l'Amérique d'un côté et celui de l'Allemagne de l'autre, l'Angleterre semble condamnée à une décadence sans reméde ni palliatif. Quel recours trouverait-elle contre l'agonie qui la menacera, lorsque l'Union poussera ses exportations de textiles à l'égal de celles des métaux et que la NouvelleAngleterre et les États du Sud disputeront au Lancashire la possession des marchés que de date lointaine il avait conquis! Et ce jour est proche, car il ne s'écoule point de délai, dans la République, entre le moment ou elle fonde une industrie, et celui oü elle en déverse les produits, par flots abondants, sur le monde. * * * Les statistiques du commerce extérieur des États-Unis ne nous donnent au surplus qu'un aperçu partiel et fort inexact de l'essor gigantesque de ce pays. Pour mesurer avec quelque rigueur son élan, il faut tenir compte du développement de sa consommation intérieure. Cet État n'est pas.de ceux oü la population reste stationnaire, oü par suite les besoins demeurent invariables, et dont l'accroissement d'exportation suit de trés prés l'accroissement de production. L'on ne saurait oublier que les habitants de l'Union, totalisés "à 62 millions 1/2 par le census de 1890, sont aujourd'hui au moins

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