La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE ne doivent pas, par un effet logique, susciter des liens d'une autre nature. L'Extrème-Orient, depuis la guerre sino-japonaise, attire tout spécialement l'attention des négociants de la Californie et même des États de l'Est. Les résultats qu'ils ont obtenus ne laissent pas d'être s:1tisfaisants. Au Japon, ils ont poussé leurs importations de 23 à 101 millions, en Chine de I 3 à 50, et dans le Céleste-Empire ce succès est d'autant plus significatif et autorise d'autant plus d'espoirs qu'à la différence de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Russie qui se sont install<.'.:esur le littoral asiatique, à \Vei-Hai- \,Vei, à Kiao-Tchéou, ,'t Port-Arthur, l'Union n'a encore planté son pavillon sur aucun point du Petchili ou des côtes avoisinantes. Accordons encore une mention à l'Australie dont les acquisitions ont grandi de 60 à 78 millions, dans la période décennale, et à l'Afrique Australe gui s'inscrit pour 60 millions au lieu de I 3 en 1889, et nous aurons embrassé d'un coup d'œil circulaire les principales victoires économiques de la grande République du Nouveau-Monde. Ses exportations se répartissent au surplus entre deux grandes· catégories dont les taux d'accroissement, pour être l'un et l'autre fort élevcs, n'en sont pas moins in<.'.:gaux: les produits agricoles et les produits fabriqués. Jusqu'à une date r<.'.:cente,l'Union ne vendait guère au dehors que des denrées alimentaires, des cér<.'.:ales, des bestiaux, et êlle conservait pour elle les objets manufacturés qui sortaient de ses usines, mais elle n'en écoulait sur le reste du monde que pour une somme minime. Pour établir une comparaison entre ces deux compartiments, nous dirons qu'en 1889 le premier fournissait un total de 2,660 millions, et le second un total de 690. Cette situation s'est modifiée - sans pourtant ( car il ne faut point s'illusionner à cet égard) se renverser. En 1893 les chiffres respectifs étaient 3,992 et 790; en 1898 4,260 et 1,450 ; en résumé l'accroissement sur les produits agricoles a été de 50 °/o, entre 1889 et 1893, de 7 °/o cn"tre 1893 et 1895, de 60 °/o entre 1889 et 1898; tandis que sur les objets manufacturés, il a atteint 14 °/o, puis 83 °/ 0 et, dans l'ensemble des dix exercices, 124 °/o- Si l'on préfère une autre notation, nous emprunterons au dernier fascicule des statistiques commerciales de \,Vashington les observations suinntes : les exportations de la première rubrique figuraient en 1880 pour 8j 0 / 0 dans la somme des sorties des ÉtatsUnis; elles n'y étaient plus comprises que pour 78 °/o en 1892, 74 °/o en I 89 3, 70. 50 °/ o en 1898, et inversement les exportations de la ~econde classe passaient de 19 °/0 en 1889 à 28 °/ 0 en 1898. Parmi les produits agricoles, le blé et le coton méritent une

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