La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA GRAt\'DEUR DES ÉTATS-L't\'IS entre cette dernière date et r898, touchant 2,760 millions. A la vcrité les exportations arnericaines a l'adresse de l'Angleterre n'ont pas exactement sui\·i le mouvement de l'ensemble, puisque leur contingent, par rapport aux sorties totales, était de 5r 0 /o en 1889 et s'abaissait :'t 43 °/o en r898; mais on avouera qu'une augmentation absolue de près de moitié entre ces deux termes est par elle-même assez digne d'être soulignée. L'Allemagne tient le deuxiéme rang parmi les grandes clientes de l'Union : elle a porté ses achats <le 34-0millions en 1889 a 775 en 1898. C'est une majoration qui n'est pas inférieure a 130 °/o et qui contraste fort avec les réductions que le tarif Dingley a infligées aux entn'.:es germaniques. En r 889 ks ventes de l'Empire a la République excédaient sa demande de 50 millions; en r898 la proportion se renversait au profit de cette derniérc qui accusait un excedent de 42·7 millions. La même obserYation s'appliquerait a la France qui reçoit deux a trois fois plus de produits qu'en 1889 : 633 millions au lieu de 2 30 et dont le protectionnisme de la presidence Mac Kinley a pourtant cruellement atteint les échanges. N'y a-t-il pas dans les constatations que nous venons de faire pour trois grands États européens, la preuve même de la force d'expansion irresistiblc de l'industrie <l'outre Atlantique? Et pour qu'elle s'impose avec cette quasi-fatalité :1Llx rivales dont elle organise et poursuit la ruine, ne faut-il pas qu'elle ait en elle des principes <l'extraordinaire fccondité, un élément d'énergie soustrait a tout rapprochement? Passons plus vite sur les autres puissances du continent tout en notant les augmentations que les statistiques de Washington enregistrent, de ci de la, entre 1889 et 1898. La Belgique a relevé sa clientélc de r r 5 a 2 35 millions; l'Italie de 60 a 115, l:t Hollande de 75 a 320; le Danemark de 15 à 61. Et venons tout de suite :il' Amérique du Nord, où le Canada nous presente un spectacle des plus intéressants. Tandis qu'il échappe peu a peu à sa metropole, qui a ninement essayé d'éviter ce déchet redoutable, le Dominion tombe dans le Yasselage économique de l'Union. Bien qu'il n'importe que pour une somme relativement minime et plutôt décroissante sur les territoires de la République, il s'ouvre amplement a ses marchandises, il constitue pour elle un marché de premier ordre et qui ira selon toute apparence s'élargissant. 215 millions en 1889, 240 en 1893, 305 en 1896, 420 en 1898; voila le bilan exact de sa demande, qui a ainsi doublé en dix années. Certes la contiguïté géographique, la facilite des communications par un grand réseau de voies fluviales et lacustres expliquent cette rapide progression, mais on ne peut se défendre de tirer de ces chiffres.successifs la conclusion qu'ils imposent et de se demander si la suzeraineté commerciale et l'accaparement des débouchés

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