La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'L'\'!Ti'•: SOCIALISTE E'.\1 ALLDIAG\'E RevueBleue. Laissons de côté cc ckbat, qui ressemble au précedent, et arrivons au Congrès de Breslau, oi', fut discutée la question agraire. Le Congres précédent, tenu a Francfort, en 1894, a,·ait nommé une commission. chargée d'élabon:r un programme agraire. Le programme, confonrn'.:mcnt :1 la résolution adoptée p;ir le Congres de Francfort, contenait des revendications en faveur des paysans, telle que l'achat par l'État des hypothcqnes greYant la terre, et la réduction du taux. de l'intérèt au niYeau le plus bas possible. Aussitot, contre le programme de la Commission, une violente opposition se forma. Un parti prolétarien pouvait-il proteger le paysan comme tel? N'etait-cc pas renoncer aux principes, consolider l'instinct de propriété, le fa11atis111dee proprielé du paysan, au lieu de traYailler :l le dctniire? ((Nous devons aller au paysan qui désespère, dit 1-:autsky, et, nous attachant à sa situation, lui prou\'cr qu'elle n'est pas passagcrc, mais qu'elle résulte nécessairement du mode de production capitaliste et que son sort ne peut être amélioré que par la transformation de la société en société socialiste.» -Ainsi s'opposaient, aux tendances essentiellement démocratiques qui s'exprimaient dans le projet de la Commission, les tendances purement proktariennes et socialistes, ù l'esprit de réformes, l'esprit de révolution; et, contre la Commission, qui comptait parmi ses membres les deux chefs les plus illustres du parti, Liebknecht et Bebel, emportés eux aussi, en cette circonstance, par le courant rcformiste, contre la Commission l'esprit de n'.:\'Olutiontriompha. Et noterons-nous qu'ici encore les débats ne furent pas toujours impersonnels; que Schippcl dit, en combattant le projet : << Nous ne voulons pas de clJarla!a11is1p1o1leitique, nous ne Youlons pas aycc des panacées imaginaires gucrirdc toutes ses infirmités l'humanité malade»; rappellerons-nous que Bebel, aprés aYoir déclaré que Schi~pel avait parle sur le projet dans la Commission tout autrement qu'au Congrès, ajouta: « De (ortes contradictions de ce genre se sont autrefois rencontrées chez Schippcl, mais toute chose a ses limites. Après cc gui s'est passé aujourd'hui, la mesure est pleine. Entre Schippel et moi, comme hommes, il n'y a plus rien de commun?» i\!ais pourquoi ne pas montrer que les conflits de personnes existent, aussi bien gue les conflits de tendances, dans la Démocratie Socialiste allemande, et que tous ces conflits n'empêchent pas l'unité? La force de !'Unité, sa nécessité profonde n'apparaissent-elles pas .avec plus de netteté, lorsqu'on la voit subsister maigre la diversité des tendances malaré la rivalité des hommes? , ::, EDGARD MILHAUD.

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