La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'UNITÉ SOCIALISTE E:-.: ALLEMAG>:E 147 Mais s'il en est ainsi, nous <levrons voir dans l'organisation syndicale la meilleure école pour nos camarades. Certes, les combats pn'.:- sents dans les deux domaines sont extrêmement difficiles, mais les combats futurs ~eront infiniment plus difficiles encore; et pour ces combats futurs, pour le dernier combat, pour le combat décisif, nous avons besoin d'hommes qui exposent toute leur personne et toute leur existence pour la collectivité; ces hommes, nous devons donc les éduquer, et, pour cette œu\'re, l'organisation syndicale est d'un concours extraordinaire. » A cela Auer répondit : « J'a\'ais cru jusqu'ici que l'organisation syndicale avait pour but d'éle\'er la condition <le la classe ouvriere, d'améliorer, d'assurer son existence. !\fais si ce doit être une suite nécessaire de l'organisation syndicale de mettre en péril l'existence des travailleurs, alors nous n'avons pas besoin de nous étonner que le mouvement syndical ne fasse pas de progrés. Legien dit que l'entrée dans le mouvement syndical est synonyme de la mise en péril d'une existence; que pou\'ait-il dire de plus cffray:rnt? Comment peut-on donc oser affirmer que la participation au mou\'ement syndical mette en jeu l'existence d'un homme? Legien n'a en tout cas pas pensé à ces conséquences, et il sera trcs surpris de les entendre de moi; mais qu'il ne puisse pas penser ses pen~écs jusqu'au bout, c'est ce à quoi nous ne pournns rien ... \'oyez les listes Je peines que nous établissons, c~s centaines d'années de prison qui sont infligées ù nos camarades du parti; n'y a-t-il pas là d'existence~ ruinées? Au temps de la loi des Socialistes, n'y a-t-il pas eu des centaines et des centaines d'existences anéanties? Ces paunes pércs de familles qui furent arrachés à leurs foyers, ell\·oyés en exil, chassés de lieu en lieu, poursuivis à chaque pas par la police, de sorte que quelques-un ont été poussés par le désespoir au suicide - n'ont-ils pas mis en jeu leur existence pour leurs con\'ictions? Et ces sacrifices ont été faits pour le mouvement politique! C'est une preuve de l'absolue i11rapnciléde j11ge111wdtu ca111nrndLeegieu, de prononcer des paroles comme celles qu'il a prononcées. » Et quelques instants auparavant, Auer :\\'ait dit: « La Commission Générale a eu un début malheureux, par le fait de la situation industrielle qui était mauvaise, et non par sa propre f;iutc. Par le fait de cette situation, les patrons purent abattre toutes les grèYes; les ouvriers en cigares, les typographes, les mineurs ont éproU\·é de dures defaitl!s; les batailles perdues, la Commission Générale a dû couvrir la retraite. Le général se montre dans toute sa supériorité, surtout dans la retraite, et que la Co111111issGioé111érnle possede en so11c/Jef 111g1é11érnlplei11e111er1n1p/érieur, pl'/1/ le croire qui veut, pas moi! i> • N'est-elle pas puissante, cette unité de la Démocratie Socialiste

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