La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

148 LA REVUE SOCIALISTE allemande, qui maintient côte a cote, pour la lutte commune, q.es hommes entre lesquels existent de pareils rapports personnels? § 2. - Co11ra11mt odéré et courrwt révolutionnaire. - Une autre opposition, plus accentuée, plus violente que celle de la tendance syndicale et de la tendance politique, est celle de la tendance modérée et de la tendance « radicale », du courant réformiste et du courant réYolutionnaire. A vrai dire, tout le monde dans le parti accorde la nécessité de réformes, c'est-a-dire d'améliorations apportées au sort des classes traYailleuses a l'intérieur de la société capitaliste; tout le monde accorde la necessité de la tr:rnsformation ré\-olutionnaire de la société, c'est-a-dire l'impossibilité d'obtenir par ces améliorations des résultats satisfaisants et durables, de résoudre par elles l'antagonisme des classes, de rcaliser par elles la paix et l'harmonie sociale. Et le programme de la Démocratie Socialiste allemande contient en effet deux parties, une partie théorique, qui pose les lois du déYeloppement de la société capitaliste et fixe le but socialiste, et une partie pratique, qui détermine les réformes d'ordre politique et économique, concernant les unes les libertés démocratiques, les autres la protection ouvriére, dont les socialistes doivent demander la réalisation dans les cadres de la société actuelle, parce que ces réformes, en étendant les droits de la classe ouvriére, et en l'arrachant a l'écrasement économique, en même temps qu'elles constitueraient déja pour elle un progrés immédiat, la rendraient plus apte a mener la lutte contre la société • capitaliste, la lutte ré\'olutionnaire. Mais si le programme détermine a la fois l'idéal révolutionnaire et les revendications immédiates, et si chacun, dans la Démocratie Socialiste allemande, reconnaît la nécessité des deux termes, chacun n'accorde pas à chacun des deux termes la même importance. Les uns mettent au premier p!:ln les réformes; les autres, la réYolution. Les uns mettent en lumière le côté démocratique du mouvement; les autres insistent uniquement au contraire sur son caractére socialiste, proléta• rien; et par suite les uns ne conçoivent pas comme les autres les relations du parti démocrate socialiste et de la société présente ; de vifs dissentiments existent au sujet de la tactique selon laquelle doit être menée la lutte de classe du prolétariat. Il existe bien, dans la Démocratie Socialiste, un courant révolutionnaire et un courant réformiste, des tendances modérées et des tendances radicales. Le conflit de ces tendances éclatait il y a un an au Congres de Stuttgart; il y a huit ans il éclatait au Congrès d'Erfurt, dans ce même congres ou le parti socialiste allemand adoptait à l'unanimité son programme actuel. A Munich, dans une réunion publique du parti, le 1er juin 1891, le déput6 von Vollmar avait, en un discours-programme, développé

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