La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA RE\'CE SOCIALISTE corde pas avec votre propre opinion. Mais espérons que vous ne tiendrez pas pour un délit de ma part de conccYoir silencieusement l'espérance que le temps Yiendra où ce ne seront pas seulement les chcfs d'élite du parti, mais aussi les camarades moins qualifiés qui auront le droit d'exprimer leur opinion. » « Et Yoilà, ajouta Legien, ce que je lui ai poliment répondu : par là l'aflairc fut pour moi terminée. » Elle ne l'était pas:\ tel point, toutefois, qu'elle ne re,·înt, du fait même de Legien, de\'ant le Congres ;ct,devant le Congrés, le ton d'Aucr ne fut guère différent de ce qu'il avait été dans la Correspondance : « Comment ces lettres, demanda-t-il, ces lettres dont je maintiens d'ailleurs, pour chaque ligne, le contenu, peuvent-elles être apportccs comme preuve de mes mauvaises dispositions à l'endroit du mouvement syndical? De mes doutes concernant l'utilité de l'institution récente de la Commission Générale, Legien conclut que je n'ai p;is de symp;ithie pour le mouvement syndical. La Commission Gén<'.:rale t les Syndicats sont-ils donc identiques? Oui, c;1111;1raLdcegien, êtes-vous donc le mouvement syndic;il? Celui-ci se cristallise-t-il dans le point central de la Commission Générale, pour lequel \'0us vous êtes donné? Lcgicn exprime aussi l'ctonnantc opinion qu'autour d'Auer comme centre du Comité Directeur se meuvent les Singcr, les J3cl,el, etc. Certes, cc serait trcs ffatteur si je m'im:1ginais être le soleil du monde socialiste. Mais je ne Yeux ni ne puis l'être, et il serait triste pour le mouvement que cela fût. Déjà de ce seul fait il r<'.:sultepour quiconque peut juger, que c'est uniquement le côté personnel, que cc ~ont seulement les· preoccupations personnelles qui ont conduit a ces différends aussi insignifiants que déplaisants. » Ailleurs, Auer fut plus vif. Legien aYait tssayé de montrer la supériorité dc l'action éducative du syndicat sur l'action <'.:ducatiYedu parti politique. « L'organisation syndicale, av,1it-il dcclare, est une école bien meilleure que l'organisation politiguc, bien mieux approprice à donner au travailleur un caractére ferme, à faire de lui un camaradc toujours prêt au sacrifice. L'organis;ition politique est loin de reclarncr ;iutant de ses membres que l'organisation syndicale. Le devoir essentiel, dans l'org:1nis:1tionpolitique, c'est l:i particip:1tion aux élection~. Et certes ce n'cst pas pour l'ouvrier une chose si difficile d'aller tous les cinq ans jeter un bulletin d:111sl'urne, d'adhérer a une socicté élector;ile, de se rendre tous les mois ù une rcunion, et de payer les minimes cotisations que réel.une l'organisation politique. Au contraire l'organisation syndicale impose à ses membres des sacrifices matériels toujours plus considérables, elle exige d'eux que pendant une gréve ils se devoucnt à la collectivité, de toute leur existence, de toute leur personne. Le parti n'impose jam;iis ù ses membrcs de parcils deYoirs. Ce fait uc peut p:1s se n1cr, l'cx'ccption confirme la rcgle.

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