LA !'\ATURALISATION DES JUIFS ALGÉRIENS 7 conseils generaux et municipaux élus comme dans la metropole, réforme le jury, institue les cours d'assises, diminue le domaine militaire, simplifie les formalités financières. Telle est l'œuvre, - discutable mais logique et suivie que réaliserent ces trente décrets. L'un d'entre eux, signé le 24 octobre, avec huit autres, par Gambetta, Glais-Bizoin, Fourichon et Crémieux, proclamait citoyens français les 18,ooo indigènes israélites qui habitaient alors l'Algérie. Le lendemain même de la signature, Crémieux recevait de Gambetta la lettre sLii\·ante : « Mon cher maître, je vous prie de faire insérer immédiatement les décrets relatifs à l'Algérie; il est impossible de prolonger plus longtemps l'attente des délégués; c'est s'exposer gratuitement à une protestation de leur part, dont l'effet moral serait d'autant plus déplorable que les bonnes apparences seraient de leur côt(. » La promulgation eut lieu le 28 octobre. On connait maintenant la genése du décret Crémieux. Il ne fut ni le résultat d'une improYisation, ni le produit d'un pdjugé religieux. Ministre au pouvoir, Crémieux exécuta ce qu'il avait demandé dans l'opposition. Philosophe,il accomplit, en 1870, en fayeurdesJuifs d'une colonie française, ce qu'il avait contribué a faire, en 1848, pour les négres d'une autre colonie. Juif, il ne fut pas moins philosémite que Baudicour, Delsieux, Fregier, \Varnier et tous les publicistes co1h temporains. Démocrate, il déféra au vœu exprimé vingt fois par les corps élus de l'Algérie. Républicain, il ne crut pas deYoir être moins libéral que le comte Le Hon, Emile Ollivier et Napoléon III. Il faut donc en finir une fois pour toutes avec la légende ressassée par les antisémites. algériens : la naturalisation des israélites indigènes n'est pas l' œuvre personnelle de Crémieux : le décret porte la signature de toute la délégation de Tours. Elle n'est pas une mesure prise spécialement par un Israélite en faveur de ses coreligionnaires. Le décret fait partie d'une œuvre d'ensemble qui réalise le programme républicain de l'époque. Elle n'est pas davantage un acte d'improYisation hâtive et surprenante : depuis Yingt-cinq ans on la réclamait de toutes parts et l'Algérie l'accueillit comme une œuvre de justice et de progrés. Veut-on savoir en effet qui était nommé député d'Alger une année après le décret de naturalisation? ... Adolphe Crémieux. II Dans l'impossibilité ou ils sont de représenter désormais comme une mystification ou un coup de surprise la naturalisation qu'ils ont eux-mêmes sollicitée et accueillie avec enthousiasme comme le fit M. Marchal dans la Solidarité, les antisémites essaient d'interpréter les •
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