La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'C'XITI~ SOCIALISTE EX ALLE~IAGXE 143 L'existence de la Commission ne tarda pas à inquiéter aussi k milieu parlementaire, le groupe socialiste du Reichstag. La Commission Générale parla en effet de la nécessité d'organiser et de centraliser les recherches, les discussions et les revendications des syndicats relatives à la politique sociale, à la législation ouvri<'.:re, et elle fit le projet de réunir à cette fin, en prenant toutes les precautions comman<lées par la loi, un Congrès général des syndicats. Cc Congres, et la Commission Générale qui serait l'organe exécutif de ses décisions, n'allaient-ils pas s'emparer d'une partie des attributions du groupe socialiste? La Commission Générale n'allait-elle pas devenir, à côté du groupe du Reichstag, une institution analogue au Comité Parle111e11taidres Trade-Unions anglaises? Par cette nouvelle institution, l'autorité du groupe n'allait-elle pas être atteinte, diminuée? Et ainsi, au groupe du Reichstag comme au Comité Directeur, et, d'une façon plus générale, dans les milieux essentiellement politiques et parlementaires de la Démocratie Socialiste, dans le parti, un courant d'hostilité se forma contre la Commission Générale. Et la Commission Géneralc, de son cotê, se plaignit qu'un certain nombre de chefs du parti, par une attitude indifférente ou hostile à l'endroit du mouvement syndical, fissent, autant qu'il dépendait d'eux, obstacle à son dheloppemcnt. Et, autour de la Commission Genérale, dans les milieux essentiellement syndicaux, des mécontentements se manifestèrent contre la Directiondu Parti. ÉYidemment, en 'dépit des nies communes que nous avons exposées, aux yeux de certains chefs des syndicats et de certains chefs du parti, le mouYemcnt syndical était loin d'arnir la même importance et le même rolc. Pour ceux-ci il ne devait occuper, dans l'ensemble du mouvement ouvrier, et relativement au mouYement politique, qu'une place secondaire, moindre chaque jour. •La concentration croissante du capital, en même temps qu'elle favorisait la diffusion des idées socialistes, le développement du parti, la lutte du prolétariat sur le terrain politique, ne rendait-elle pas chaque jour plus difficile sa lutte sur le terrain éconoriüque, sur le propre terrain du capital? Et d'autre part le rôle des syndicats comme institutions d'assurance ne diminuait-il pas de même chaque jour par suite des progrés de l'assurance par l'État? Les progrés mêmes du parti ne tendaient-ils pas à réduire . de plus en plus l'importance du mouYement syndical? Assurément on ne niait pas la nécessité de cc mouvement, mais on le croyait nécessaire moins comme instrument de lutte économique, que comme moyen d'éducation socialiste, d'éducation politique. On voyait surtout dans le syndicat l'école préparatoire pour le parti . . Les syndicaux, au contraire, tout en reconnaissant cette action

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