LA REVUE SOCIALISTE mouvement syndical et le mouYement politigue apparaîtront à tous comme deux formes nécessaires du grand mouvement de la classe ouniére marchant à son émancipation, et l'accord de ces deux mouvements, Je ces deux formes de la lutte émancipatrice du prolétariat se manifestera dans ce fait gue les neuf dixiémes des membres dc::ssyndicats sont en même temps des socialistes, gu'à peu près tous les chefs des syndicats sont des militants du parti, gue sept ou huit députés au Reichstag et un bien plus grand nombre de députés dans les Landtags sont des chefs de syndicats. Mais cet accord général des deux mouYements, ces vues communes sur leur nécessité et sur leur rôle, n'empêchent pas la présence, chez certains, de sentiments. différents sur leur importance respectin, la présence, à l'intérieur de la Démocratie Socialiste allemande, de deux tendances, d'une tendance syndicale et d'une tendance politigue. Déjà dans les conditions financiéres de l'existence et de l'activité du parti et des syndicats se trouve un principe de compétition : les syndicats, comme le parti, s'adressent aux travailleurs et leur demandent des cotisations, des contributions, pour payer leurs fonctionnaires, leurs propagandistes, pour éditer et répandre dans les masses brochures et feuilles de propagande, pour mener leurs luttes, le parti, ses luttes électorales, les syndicats, leurs lu/lespour le salaire, leurs grèYes, et c'est un fait gue lorsque de graP<les grèves proYogucnt de toutes parts des envois de fonds les recettes du parti ne tardent pas à diminuer. Scion une expression du docteur Leo Arons, le parti et les syndicats sont comme le ministère de la marine et k ministère de la guerre se disputant les faveurs du ministère des finances. Ajoutons qu'en Allemagne toutes les forces politiques, d'un côté, à peu près toutes les forces syndicales, de l'autre, sont centralisées. Il y a ainsi un organisme politigue et un organisme syndical, YiYant côte à côte, et ayant chacun une tête. La tête de l'organisme politique, c'est le ComitéDirecteur du Parti; la tête de l'organisme syndical, c'est la CommissionGé11éraldees Syndicats. Le Comité Directeur est, après le Congres du Parti, et comme dépositaire de sa souveraineté, la représentation suprême de la classe ounière organisée politiquement; la Commission Générale est, après le Congrès des Syndicats, et comme dépositaire de sa souveraineté, la représentation suprême de la classe ouvrière organisée syndicalement : Comment n'existerait-il pas entre ces deux représentations de la classe ouvrière, entre le ComitéDirecteur et la Commission Gé11érale, guelque rivalité d'influence; comment chacun des deux ne ferait-il pas effort pour mettre surtout en lumière l'importance de la fonction à laguelle il répond? Comment l'apparition de la Commission Genérale n'eût-elle pas donné au Comité Directeur de l'ombrage?
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