La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE politique du syndic:it, ne rnulait pas qu'elle fùt le but, le seul but, que le syndicat et l'action syndicale ne fussent considérés que comme des moyens pour une fin politique. Selon eux, il fallait Youloir l'organisation syndicale dans un autre esprit; l'organisation syndicale de la classe ouHicre, à leurs yeux, n'était pas de moindre importance que son organisation politique. Quel profit les travailleurs tireraient-ils des lois d'assurance si les syndicats ne Yeillaient à leur application? Et d'autre part, la concentration des capitaux ne rend-elle pas chaque jour plus impérieuse, pour la classe ouwière, la nécessité d'organisations syndicales puissantes, capables de résister à un ennemi chaque jour plus redoutable. L'organisation syndicale ne sera-t-elle pas une nécessité aussi longtemps que durera le mode de production capitaliste, aussi longtemps qu'il y aura des patrons et des ouvriers, et que les uns lutteront contre les autres pour avoir la plus grand part possible du produit du travail? Mais, aux yeux des syndicaux, le role de leurs organisations de combat est plus large encore : ils pensent que les conq uètes législatives de la classe ouvrière ne peuvent être que le résultat de ses luttes économiques, que les progrès de la legislation ounicre ne peuvent être que la transcription dans la loi des victoires successives des syndicats; ils pensent que l'arme des syndicats, la grcve, élargie, deYenue générale, est l'arme puissante par laquelle la classe ouvricre fera la conquête des droits politiques qui lui sont aujourd'hui refusés. « La pensce de conquérir par une grcYe générale les droits qui appartiennent à tout citoyen, déclarait le président de la· Commission Génerale des Syndicats allemands, dans l'organe officiel de la Commission, le 2 octobre 1893, cette pensée peut apparaître aujourd'hui encore comme une utopie, parce que les organisations ouvrières sont encore extrêmement défectueuses. Mais il faudra bien que l'on se familiarise avec cette pwsée, parce qu'elle nous offre le seul moyeude co,1quérirles droits qui 11011asppartienne11t. » Entre les deux tendances, la tendance politique et la tendance syndicale, entre les deux institutions, le Comité Directeur du Parti et la Commission Générale des Syndicats, le conflit éclata au Congrès de Berlin, en 1892, et, plus Yiolemment, au Congrès de Cologne, en 1893. A cette époque, tandis que le mouvement politique poursuiYait son dcveloppement avec continuité, l'état de l'organisation syndicale était stationnaire, son dé\·eloppernent subissait un temps d'arrêt. Cette situation aYait plusieurs causes. Comme au temps de la loi des Socialistes, les syndicats souffraient des persécutions de la police, d'une complcte insccurité juridique; des organisations étaient dissoutes de la rnanicre la plus inattendue. D'autre part, les syndicats étaient diYisés par les débats sur la forme d'organisation, par la querelle des cc11lralistes et des localistes. Enfin, et surtout, depuis 1890

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