L'UNITÉ SOCIALISTE Dl ALLE~IAGNE 139 vereine) de même qu'invcrscment il serait insensé de conclure de cc que les associations professionnelles ne peuvent contribuer que partiellement et sous condition a l'amélioration du sort des ouHiers, qu'd faut rejeter ces organisations comme n'ayant ni but ni utilite. Les deux organisations doivent se completer réciproquement. La lutte politique est interdite par la loi dans les associations syndicales, elle doit être menèe dans l'organisation politique du parti démocrate socialiste. Et cc que l'organisation du parti politique ne peut donner à ses membres, ù saYoir de retirer de la lutte dés maintenant un profit matériel, c'est le rèle des syndicats de le leur donner. Les deux organisations se complètent et leur union permet d'avancer. » En 1878, Bismarck obtenait du Reichstag le vote de la loi des Socialistes; les sociétés politiques du parti lurent dissoutes; un grand nombre de syndicats, considérés comme sociétés politiques, furent également anéantis par la police, ceux qui subsis~erent servirent, pendant les douze années de régime d'excC'ption, de points de ralliement aux militants socialistes : ils étaient les foyers principaux de la vie secrète, latente, du parti. L'idée d'établir une opposition entre l'actiYité politique et l'activité syndicale de la classe ou\Tierc ne pouvait venir à aucun socialiste. C'est à peine s'il était possible à un militant, entre les deux, de distinguer. Lorsque, en 1890, le régime d'exception prit fin, les choses chan- • gèrent. Les sociétts politiques s'étant reconstituées, la Yie politique ayant repris dans l'organisation réguliere du parti, l'idée se fit jour, dans les milieux syndicaux, qu'il y aurait intérêt a organiser les syndicats de la manière qui leur permettrait le mieux d'accomplir leur fonction propre. Et comme l'organisation fédérale, groupant sur toute l'étendue de l'Empire tous les syndicats d'une mème profession, permet mieux que l'organisation locale de mener la lutte contre les patrons, comme d'autre part les sociétés s'occupant de politique ne peuYent, dans plusieurs parties de l'Empire, par exemple dans le royaume de Prusse, se fédérer, le plus grand nombre des syndicats décidèrent de renoncer à toute actiYite politique afin de déployer aYec le plus de chances de succès et sans risquer de se mettre en conflit avec la police, leur activité proprement syndicale. Quelle allait être, en face du mouvement syndical ainsi conçu, c'est-à-dire conçu comme tel, l'attitude du parti? La question des grèves et des boycotts fut placée a l'ordre du jour du Congrès de Halle, tenu en 1890, et le Congrès eut ainsi l'occasion de se prononcer sur le mouvement syndical. Voici le texte de la n:solution qu'il ,·ota à l'unanimité : « Dans les èonditions cconomiques de la société actuelle, et étant donné le désir des classes possédantes de réduire toujours davantage
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