La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

I..j.O LA REVUE SOCIALISTE les droits politiques et la condition economique des ouvriers, les greYes ainsi que les boycotts sont une arme indispensable pour la classe ouvrierc : d'une part pour repousser les efforts de ses adYersaires tendant ':'t lui porter un dommage matériel ou politique, mais aussi d'autre part pour améliorer autant que possible, à l'interieur de la société bourgeoise, sa condition sociale et politique. cc Mais comme les grcYes et les boycotts sont des armes à deux tranchants qui, employées en un lieu ou en un temps qui ne conYiennent pas, pem·ent plutôt nuire aux intérêts de la classe ouniére que les favoriser, le Congres recommande aux om-riers allemands de considérer avec soin les circonstances dans lesquelles ils Yeulent faire usage de ces armes; en particulier le Congres considere comme absolument nécessaire que la classe ouvricre, pour mener de pareils combats, s'organise syndicalement, et cela autant que possible en fédérations centrales, afin de pouvoir, aussi bien par le poids du nombre que par le poids des ressources matérielles et apres aYoir soigneusement consideré la situation, atteindre le plus parfaitement possible le but Yisé. cc Le Congres, partant de ces considérations, recommande à tous les camarades du parti de seconder énergiquement les efforts des syndicats. » Cette résolution, notons-le, fut votée à l'unanimité. Aussi bien, la haute importance, la necessité du mouYernent syndical ne sont-elles contestées, dans la Démocratie Socialiste allemande, par personne. Sur le rôle du mouYement syndical comme sur le rôle du mom·ement politique, et sur leurs rapports, il est quelques Yues simples qui sont, aussi bien dans les milieux syndicaux que dans les milieux politiques, unanimement acceptées. Tout le monde dira que les syndicats ont pour fonction essentielle de travailler a améliorer la condition économique de la classe ouHiere dans les cadres de la société capitaliste et de la législation actuelle, qu'ils doiYent, à cette fin, s'efforcer de Yendre aussi cher que possible la force de tra~·ail de leurs membres et de réduire le plus possible la journee de travail, et qu'ils doivent, par suite, s'efforcer de profiter des périodes d'essor industriel pour conquérir, par la greYe et par les menaces de grcYe, une augmentation des salaires ou une diminution de la durée du travail, et, lorsque l'activite industrielle se ralentit, d'empêcher, r,ar l'emploi des mêmes moyens, que les p~ltrons ne modifient les conditions du travail, n'accroissent le nombre d'heures, ne diminuent les salaires. Et tout le monde ajoutera qu'en améliorant ainsi les conditions matcrielles de l'existence des travailleurs, les syndicats fayorisent le développement du mouvement politique, les milieux ouniers les

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==