LA RE\"UE SOCIALISTE « Les membres, fonctionnaires et directeurs d'associations corpor.itiYcs, qui sont en même temps membres de l'Alliance Gcncralc des Ouvriers allemands et ne se conformeront pas à cette décision seront par cela seul au bout d'un an considerés comme ne faisant plus partie de l'Alliance Générale. Leur rcintégration ne pourra avoir lieu qu'ayec le consentement du Comite de Direction. » On le voit, en ce temps, dans la fraction lassallienne, le parti politique dcclarait violemment la guerre au mouvement syndical, condamnait au suicide les organisations syndicales dont les membres se déclaraient lassallicns, organisations qui, d'ailleurs, repondant ,i une nécessite Yitale de la classe ouvriérc, continucrent, malgré les condamnations et malgré la séYère discipline de l'Alliance Générale, à Yivrc et à se développer. Mais déjà en cc temps-là, dans l'autre fraction, chez les marxistes, le parti politique professait à l'endroit du mou\'Cment syndical d'autres opinions. On n'avait pas oublié les déclarations faites à son sujet, au Congrés international de Gand, en 1866, dans un mémoire sur la journce normale de huit heures, par le Conseil Général de l'Internationale, c'est-à-dire mani(estcment par Marx lui-même : « Le but immédiat <les syndicats, y était-il dit, est donc limité aux luttes quotidiennes nécessaires entre les ouvriers et le capital, a la résistance aux incessantes attaques du capital, en un mot aux questions de salaire et de temps de travail. Cette activitc des syndicats n'est pas seulement légitime, mais 11écessaire. Elle ne peut pas être supprimcc, aussi longtemps qnc subsiste la société actuelle. Au contraire elle doit être ge11iralisée par l'ctablissement de liens entre les syndicats de tous les pays. « D'un autre côté les syndicats ont inconsciemment formé des foyers d'organisation pour la classe ounière, comme les municipalités et communes du Moyen-Age le firent pour la bourgeoisie. Si les syndicats, dans leur prcmicre propricté, sont rigoureusement nécessaires pour les luttes quotidiennes du capital et dti travail, Yéritables combats de gucrillas, ils sont en leur seconde proprictc bien plus importants encore comme véhicules organisés de la suppression même du systcme du salariat et de la domination du capital. » Dans les procés-Yerbaux d'un Congres tenu à Nuremberg en 1873, par les ouYriers en bois, nous trouvons trcs nettement exprimées les vues qui deYaient se répandre chaque jour davantage pour devenir bientôt l'opinion commune du parti unifié: « Il est naïf, dt'.:clara un délcgué dans un rapport sur le but et l'utilité du mouvement syndical, il est naïf d'attendre le salut des ouY1iers uniquement des succès qui peuvent être obtenus par les syndicats et associations professionnelles (Gewerkschaften und Geverk-
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