La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'U~ITÉ SOCIALISTE EN ALLEMAGNE I3ï des rapports des deux formes essentielles de ce mouYement, du mounment politique et du mouYement syndical. Nous trouvons, sur ce point, dans la Démocratie Socialiste allemande, à côté d'un certain nombre de prin.cipes communs et de nies communes, des tendances divergentes, qui n'empêchent pas l'unité de marche vers le but commun. Il fut un temps oü il exista, dans le socialisme allemand, un courant violemment hostile au mouvement syndical. C'était à l'époque de la plus grande prospérité du parti lassallien. A l'assemblée annuelle de l'Allia11ceGé11éraledes O,ruriersallema11ds,en 18ï2, le Yœu fut exprimé que toutes les associations syndicales existantes fussent dissoutes et que leurs membres fussent incorporés à l'organisation politique, à l'Alliance. Le même Yœu fut exprimé, l'année suiYante, à l'Assemblée Générale de Francfort-sur-le-Mein, et, en 1874, l'Assemblée de Hanovre vota cette résolution : « En raison des expériences que les membres de l'Alliance Gé11érale des Ouvriers allema11ds ont faites, principalement en Allemagne, au sujet du mouvement syndical, l'Assemblée Générale fait la déclaration suivante: « Les efforts de toutes les associations corporatiYes d'Allemagne, qui tendent censément à protéger les ouvriers contre l'oppression sans borne dê la puissance du capital, ne sont nullement susceptibles de conduire à ce résultat. L'Assemblée Générale exprime bien plutôt la • conYiction que la lutte inégale menée par les associations corporatiYes contre la puissance du capital, lutte qui repose uniquement sur la vaine croyance à l'efficacité de l'action économique de la classe ouvriére réduite à ses seules ressources, met en péril au plus haut point non seulement la force de résistance des ouvriers, mais encore les aspirations radicales de politique sociale de l'Alliance Générale des Ouvriers allemands. « L'Assemblée Générale déclare pour cette raison, en outre, que tous ceux-là sont traîtres à la classe ouvriére, qui - la plupart par intérêt personnel- continuent, en dépit des décisions prises par l'Assemblée Générale de l'Alliance Générale des Ouniers allemands à Berlin en 1872 et à Francfort-sur-le-lvlein en 18ï3, à faire effort pour placer le mouvement syndical au premier plan du mouwment duvrier et à nuire ainsi d'une maniére impardonnable à la propagande de l'Alliance Générale des Ouvriers allemands. « L'Assemblée Générale décide par suite en outre, que, conformément à la résolution del' Assemblée Générale tenue à Berlin en 1872, dans le délai d'un an, toutes les associations corporatives dont les membres se disent partisans de la doctrine de Lassalle doivent être dissoutes et leurs membres incorporés, dans la plus large mesure possible, à l'Alliance Gfoéralc des Om-riers allemands.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==