REVUE PHILOSOPH!Qt;E 125 pour ceux qui l'entreprendront))' un parti s'est trouYé pour l'assumer et, contre l'hostilitc de tous les autres partis, la mener à bien; il y a donc là un gage de plus que l'avenir est bien réellement promis à ce parti. Dès lors, et en présence même de faits assez récents, puisqu'ils s'accomplissent encore, pour que nul ne puisse les contester, nous ne pouvons souscrire à la conclusion que tire M. Galabert quand il dit: « Ainsi se trouve mise hors de doute la nécessite d'un pouYoirspirituel distinct du temporel, d'un pouvoir qui ne s'incline pas devant la force, ne pactise pas avec les passions ou avec les vices, au contraire affirme le droit, fasse progresser la science, pn!:conise le bien, exalte le be au.)) Et il est si vrai qu'il n'est pas besoin de systématiser le pouvoir spirituel qu'ayant à donner un exemple de ce que pourrait être le culte de la future Église scientifique, M. Galabert ne peut mieux choisir que parmi les œuvres socialistes existantes déjà. « La Maisondu Peuple en Belgique, dit-il, a une section d'art où l'on donne des conférences, où l'on exécute de la musique du caractère le plus élevé, de la musique de Bach, de Beethoven, de Brahms, de Berlioz, de Wagner, de César Franck, et cette institution ressemble fort à un culte. » Évidemment: le sentiment religieux s'est dispersé, ou plutôt s'est réparti par un effet de l'analyse croissante de nos sentiments tout autant que de la division des fonctions. Le besoin d'expliquer l'univers se satisfait aujourd'hui dans les recherches scientifiques, le besoin de se solidariser avec ses semblables se satisfait par l'introduction du socialisme dans la politique, le besoin de s'améliorer individuellement par de hautes et pures émotions se satisfait dans les manifestations de l'art. Pourquoi, dés lors, tenter un chimcrique et inutile ramassement dans une unité factice? L'âme humaine devient le ternple magnifique ou toutes les émotionsbienfaisantes chanteront la gloire de l'homme vainqueur des fatalités et vivant désormais sa vie complète, libérée de toutes les contraintes. matérielles et de toutes les terreurs morales. Au prêtre-roi de jadis, au prêtre et au roi de naguère, succédera le citoyen-dieu, résorbant en lui le pouvoir et la liberté, le droit et le devoir, dans une magnifique et harmonieuse unité. EUGÈNE FOURNIÈRE . • •
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