La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

RE\TE PIIILOSOPHJQLlE r23 suivent les phénomènes par où ils se manifestent ne sont pas symètriques et systèmatiques à ce point. Un examen un peu attentif Ya nous en convaincre. Ainsi, M. Galabert allègue « le spectacle que nous offre la politique·>>. Il constate que le « niveau intellectuel et moral des ::,aouvernants, de ceux qui constituent à tous les deo-rès le per- , b ' sonne! politique actif, s'est tellement abaissé qu'on entend souYent des lamentations au sujet du régne des politiciens ». Le tableau qu'il trace du règne des politiciens est exact autant que cruel et désolant. « L'intérêt personnel » s'est introduit dans la politique. Pour appuyer cette affirmation, M. Galabert oppose l'homme politique d'antan, qui « agissait sous l'impulsion de mobiles désintéressés quand ils n'étaient pas même tout à fait riobles n au politicien d'à présent, qui« n'a qu'un but, lui : son intérêt personnel, intérêt d'argent, de domina- . tion ou de vanité. n Vous devinez tout de suite pourquoi M. Galabert nous présente cette opposition de l'homme politique de naguère et du politicien d'aujourd'hui : Puisque la moralité politique est en décadence, ce n'est pas au pouYoir temporel qu'il faut s'adresser pour la constitution et l'exercice du pouYoir spirituel, qui doit avoir la garde des intérêts moraux autant qu'intellectucls de l'humanité. Sans nier que le politicien ait toutes les imperfections morales que lui impute M. Galabert, on peut affirmer que l'homme politique de naguère les eut au même degré. Elles firent moins scandale pour deux raisons : d'abord parce quïl semblait tout naturel qu'un homme au pouvoir profitât de sa situation pour s'enrichir, ce qui indique que le niveau général de moralité s'est l'.:levé, puisqu'aujourd'hui cela ne semble plus aussi naturel; ensuite, parce que l'attention publique était moins qu'en notre temps attirée et retenue sur les actes des gouvernants, les foules n'ayant point de part au pouvoir et les organes d'information étant moins nombreux et moins hardis qu'aujourd'hui. L'époque de Louis-Philippe fut la grande époque des « hommes politiques» opposés aux« politiciens>> de l'heure actuelle par M. Galabert pour les besoins de sa thèse. Oserait-il soutenir que l'immoralité politique et l'improbité personnelle du centre d'alors le cèdent en quoi que ce soit aux pratiques de nos panamistes du Parlement? Oü M. Galabert reprend, à mon avis, ses avantages, c'est lorsqu'il note l'abaissement intellectuel de nos Assemblées délibérantes. Car l'immoralité qu'il impute aux acheteurs de Yotes n'est que transitoire. Ce n'est pas le parti populaire, en effet, qui pourrait, le voulût-il, se livrer à d'aussi coùteuses manceuvres. Il faut être riche pour acheter des conscienceg. Partout oü, sous la forme du socialisme, le parti populaire se développe, ces pratiques disparaissent. Employées surtout pour le combattre, on l'a bien vu aux récentes elections générales, elles cesseront avec sa victoire ddinitive. Restera l'intrigue, la mendi-

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