I22 LA HE\TE SOCIALISTE temporel, j'aperçois fort bien les responsabilités qu'il encourt s'il gouverne mal et les sanctions auxquels il recourt pour bien gouverner, ou pour gouverner tout simplement. S'il gouverne mal, une élection ou même une:révolutionle renversera; et pour gouverner, pour assurer son droit et au besoin le limiter, les lois fonctionneront. Le pouvoir spirituel, aux beaux temps de l'Eglise catholique, était réuni au pouYoir temporel <lans les mains de l'éYêque ou de l'abbé, qui tenait la crosse d'une main et l'épée de l'autre. La séparation qui se fit entre le spirituel et le temporel ne fut pas un état organique également accepté et reconnu par les deux pouvoirs, mais le résultat du développement du pouvoir temporel, résultat auquel se résigna de mauvaise grâce le pouvoir spirituel, ou plutôt qu'il subit, sans résignation et non sans espoir de retour. Ce ne fut donc pas un état organique, mais une treve, imposée par un <lespartis luttant pour la domination et subie par le second. Même en Espagne, terre catholique parexcellcncc, le temporel garde ses conquêtes jalousement. Le roi courbe le front sous la bénédiction ou la menace du grand inquisiteur; mais c'est sur les bûchers du roi que, sous l'escorte des soldats du roi, le grand inquisiteur envoie les hérétiques à l'autodafé. Même aujourd'hui, nous voyons le clergé catholique, en Hongrie, lutter pied à pied pour conserver un des attributs de la puissance temporelle qu'il eut complétcment jadis, et s'opposer à la loi dite du mariage civil. On peut donc affirmer qu'il y a état organique, c'est-à-dire accord entre le pouvoir temporel et le pou-. voir spirituel quand ils sont tous deux réunis dans les mêmes mains, qu'il s'agisse d'une theocratie ou le prêtre exerce le pouvoir souverain, comme dans la Rome des papes, ou d'une monarchie ou le souverain réunit à sa couronne la tiare du pontife, comme en Russie. Tout autre état est un état de conflit, et nous pouvons constaterque le pouvoir dit spirituel, quand il recule devant les conquêtes du pouYoir temporel, ne regagne pas d'un côté ce qu'il a perdu de l'autre, et que l'affaiblissement de sa puissance matérielle correspond à un affaiblissement de sa puissance sur les âmes. Donc, présenter les deux pouvoirs parallèlement, affirmer l'éternité d'un parallélisme purementtransitoire, c'est méconnaître l'histoire même des rapports des Eglises et des Etats depuis la fin de la féodalité jusqu'aux agitations du moment ou nous sommes. Pour les besoins de sa thése, M. Galabert nous montre d'abord le pouvoir temporel dans la plus fàcheuse posture morale, ce qui lui permet de dénier a ce pouvoir toute valeur et toute autorité pour exercer la puissance spirituelle. Puis, constatant, ce qui est vrai, que le gouvernement des esprits échappe de plus en plus a l'Église, il se tourne vers la science et ses organes constitués. Tout au fond de cette thése, il y a une fort part de vérité. Mais les faits et la direction que
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