RE\"UE PHILOSOPHIQUE 121 REVUE PHILOSOPHIQUE M. Edmond Galabert, dans la Revue l11/ematio11aldee Sociologie, Sl'. . r:rnge parmi« les penseurs qui croient que la société moderne ::idéfinitivement abandonné les religions du passé » et aussi parmi ceux qui, cette constatation faite, ne croient point que l'humanité puisse se p::isser d'un« pouvoir spirituel »; il cherche donc le moyen « d'assurer, pour le plus grand bien de l'humanité, à coté de l'Etat, à coté du pouvoir temporel, l'existence d'une autorité morale, le fonctionnement d'un pouvoir spirituel >>.Ace signe, le lecteur reconnaît un disciple d' Auguste Comte. En cette qualité, M. Galabert n'a pas besoin de se demander si un pouvoir spirituel est nécessaire, si « l'établissement d'une Eglise scientifique » est désirable. Ces points sont pour lui chose acquise, et il n'a donc à se préoccuper que de l'organisation et du fonctionnement de l'institution. Si l'on ne croit pas à la systématisation, au moins la systématisation officielle, des modes divers de direction intellectuelle dans la société, on peut donc s'en tenir là de l'article de M. Galabert, car la suite, c'est-à-dire, en réalité, tout le corps de cet article est consacré à l'examen de ces deux questions : Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel doivent-ils être confondus ou distincts? Dans le second cas, l'auteur écartant le premier, ne constatons-nous pas « dés maintenant l'apparition d'un noyau, d'un centre de groupement ressemblant à une sorte d'organisation directrice à l'état embryonnaire?» Vous et moi, qui ne sommes pas positivistes, encore que si nous ne voulons pas faire de la science un culte nous ayons le culte de la science, nous nous serions tout d'abord demandé s'il y a lieu « d'admettre » et de« poursuivre l'établissement d'une Eglise scientifique», et ensuite s'il y a lieu de séparer cette Eglise de l'Etat. Mais ne chicanons pas M. Galabert sur sa méthode, et allons au fond même du débat. Dans la conception moderne, il n'y a point de pouvoir sans responsabilité ni sanction. Or, pour ce que M. Galabert appelle le pouvoir
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