LA REVUE SOCIALISTE (Aron, Carrus) ; ils avaient vaillamment soutenu le principal effort du siège d'Oran en 1833 (.:e sont les termes mêmes dont se sert Jules Delsieux). Depuis, on ne les a,·ait vus tremper dans aucune rébellion; et, en 1870, on devait les voir, dès l:i déclaration de guerre et avant leur naturalisation, à Alger, à Oran, à i\liliJnah, s'engager comme Yolontaires et comme miliciens et se montrer ainsi aptes aux fonctions civiques qu'ils sollicitaient. Car ils les sollicitaient, et cela même était encore un titre. Ils demand.iient à être incorporc:s ù la France. Ils le demandaient instamment, par voie de pétitions, durant les dernières années de l'Empire, c'est-à-dire en un temps où ils ne pou,·aicnt prévoir que le droit de cité leur conférerait le droit électoral, refusé alors aux Français d'Algérie. D'autre part et depuis 1848 surtout la séduisante théorie de l'assimilation des colonies a la métropole avait gagné l'unanimité des suffrages dans l'école idéaliste où se recrutaient presque tous les libéraux. Quoi de plus naturel alors que de songer à entrer dans la voie de l'assimilation pratique, en commençant par les Juifs indigcnes de l'Algérie dont tous les corps représentatifs ne cessaient de réclamer la naturalisation. Elle n'était pas en effet sollicitée seulement par les thcoriciens de la métropole, les publicistes de la colonie et les consistoires israélites algériens; dès 1859, le Conseil général d'Oran formulait un Yœu identique et le renouvelait en 186r. De 1865 a 1870 les conseils généraux des trois provinces réclamaient chaque année la 1111'.:mreéforme l)Ue toute la presse algérienne recommandait à la bienveillance particuliere du gouvernement. La Cour de Cassation avait, en r86--t-,reconnu aux Juifs algériens la qualité de Français; en 1865, le Sénat reconnait, sur le témoignage des généraux ayant commandé en Algérie, « que les Israélites ont rendu d'utiles sen·ices >>; le sénatus-consulte de 1865 les proclame sujets français, mais leur laisse leur statut personnel, qui provoque d'inextricables difficultés issues des différences irrcductibles entre le droit comumier biblique et la législation française. La question arnit donc et\! examinée sous toutes ses faces, élucidée par de nombreux rapports, et la solutioa était soumise le 8 mars 1870 a l'examen du Conseil d'Éw, alors même oü se discutait au Corps législatif l'interpellation qui dcv:lit clôturer la célèbrl'. enquètc algérienne faite par le comte Le Hon. « 11est indispensable, disait-il, de donner aux Israélites les satisfactions dem.111déeset de faire rentrn dans le sein de la arande famille t) franç.lise les 38,000 lsraélites qui sont aujourd'hui dans la condition Jifli.cile et mème impossible que leur a faite le sénatus-consulte de r865. >> Le projet de décret soumis au Conseil d'État, qui avait des 1861 examine l.1question, contenait deux articles:« l'un édictant la natura-
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