RECHERCHES St.:R 1.'01uc1:--E DE 1,'10,~E DE JUSTICE II 1 troupeaux de porcs, paissant librement dans le. forêts, les nations -sauvages et barbares de l'ancien et du nouveau monde bordent kurs territoires par des zones neutres (1). Tout individu qui franchit la limite du territoirè de sa tribu est pourchassé, traqué et parfois mis à mort par la tribu avoisinante. li peut, dans la limite du territoire, prendre librement ce dont il a besoin, mais au delà de cette limite, il ne prend qu'à ses risques et périls : les violations de territoires, souvent encouragées pour exercer le courage et l'habileté des .jeunes guerriers, sont p:irmi les causes les plus fréquentes de guerre entre tribus voisines. Les sauvages, afin d'éviter ces guerres et de vivre en paix aYec leurs voisins, durent dompter leur instinct préhenseur et ne lui permettre libre carriére que dans la limite de leur propre territoire, propriété commune de tous les membres de la tribu. Mais même dans les limites de ce territoire la nécessité de conserver les moyens d'existence oblige les sauvages à mettre un frein à leur instinct préhenseur. Les Australiens interdisent la consommation des poules et des porcs quand il y a disette et celle des bananes et des ignames, quand la récolte des fruits de l'arbre à pain s'annonce mal; ils défendent la pêche dans certaines baies, quand le poisson s'y fait rare; les Peaux-Rouges du Canada, pour d'autres raisons, ne tuaient pas les femelles des castors. Les sauvages, même mourant de faim, ne touchent pas aux plantes et aux animaux, qui sont les totems de leurs tribus, c'est-ù-dire les ancêtres dont ils prétendent descendre. Ces interdictions, pour être plus efficaces, r1:vêtent sou ,·ent un caractere • religieux; l'objet interdit est taboué, et les dieux se chargent de châtier les transgresseurs de l'interdiction. Ces restrictions à l'instinct préhenseur sont communistes, elles ne sont imposées que dans l'intérêt de tous les membres de la tribu et c'est seulement à ce titre que le sauvage et le barbare s'y soumettent volontairement; mais il existe même chez ks sauvages d'autres restrictions qui n'ont pas ce caractére d'intérêt général. Les sexes, dans les tribus sauvages, sont nettement séparés par leurs fonctions : l'homme est guerrier et chasseur, la femme nourrit et éléve l'enfant, qui lui appartient et non au père généralement inconnu ou ince'rtain ·; elle se charge de la conservation des provisions, de la préparation et distribution des aliments, de la confection des (r) Les grossiers sauvages de la Terre de Feu limitent leurs territoires par de larges espaces inoccupés; César rapporte que les Suèves mettaient leur orgueil a les entourer de vastes so.litudes. Les Germains nommaient forêt limitrophe et les Slaves forêt protectrice l'espace neutre entre deux ou plusieurs tribus. Morgan dit que dans l'Amérique du Nord cet espace était plus étroit entre les tribus de même langue, d'ordinaire apparentées et alliêes, et plus large entre les tribus d'idiomes diflërcnts.
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