La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE les autres Yi\'ent sur un pied d\'.:galité absolue. Et cette égalité n'a pas mis en péril la défense nationale; clic n'a même pas été funeste aux populations qui les entourent. Si celles-ci sont pressurées et dépouillées par le système capitaliste, les Juifs n'ont pas édifié des fortunes supérieures ;\ celles de leurs compatriotes de confession différente . .\ux États unis, les Jai Gould, les \'anderbilt, les Rockfoller, possédcnt des richesses comparables, supcrieures même,\ celles des Rothschild, acquises par les mêmes moyens frauduleux employes par les Juifs et les chrètiens. Ce ne sont pas les Juifs qui ont inventé l'art d'émettre des actions de chemins de fer ou de mines de diamants dans la lune. En Belgique, en Hollande, en Suisse, la situation des Juifs est la même. Partout ils se sont, sinon fondus dans l.1nussc des populations cnYironnantes, - la religion est toujours un obstacle à la fusion - du moins assimilés à elle et ils ne s'en distinguent pas autrement que les protestants des catholiques. Les seuls pays d'Europe, en dehors de la France, oùl'antis<'.:mitisme ait sévi, sont l'Allemagne, l'Autriche et le monde slave. Je laisse de côté l'antisémitisme slave, oü il revêt encore la forme religieuse, dans un milieu économique ressemblant sous beaucoup de rapports au milieu féodal. En Allemagne, l'antisémitisme n'a eu qu'une heure de succès fugitive. Né, comme en France et en Autriche, dans le milieu agrarien et conservateur, il a été tout de suite si énergiquement répudié, que le parti consen·ateur lui-même a renoncé à ce moyen d'agitation sociale contre la haute finance. En Autriche, il a trouvé un terrain de culture plus favorable, à raison de la prédominance de la grande propriété foncière et nobiliaire dont les intérêts s'appuient sur un clergé catholique encore tout puissant. Un moment le fanatisme des masses aidant, l'antisémitisme a arrête l'élan socialiste à \'iennc. J\lais il n'a pas tardé à se subdiviser en fractions ri,·alcs dont les membres se traitent réciproquement de « coquins » et de « Yendus ». Les deux branches principales de l'antisémitisme autrichien se distinguent à la couleur de l'œillct devenu leur symbole de ralliement. Les uns portent l'œillet rouge, les autres l'ccillet blanc. Tous deux sont germanophiles de cœur et d'intérêt et poussent à la dislocation de l'État autrichien, dont ils voudraient voir les duchés allemands réunis,\ l'Empire germanique: c'est le parti des Teutons intransigeants. Leur grand grief contre les Juifs, en dehors des accusations communes portées contre eux par les antisémites français, c'est leur loyalisme à l'état d'Autriche et le peu de sympathie qu'ils manifestent pour leur annexion ;\ l'Allemagne. De telle sorte que nos nationalistes .antisémites qui leur ont emprunté la fleur sym-

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