1 / LA QUESTION JUIYE dit-il amèrement, prnnnent maintenant le double de ce que prenaient les Juifs avant. Les Juifs ne furent ni plus ni moins rapaces que les autres usuriers, et s'ils se montrèrent particulièrement habiles à drainer les capitaux du Moyen-Age, leur habileté ne le ceda en rien à celle des ri1archands italiens qui se trom·aient partout en riYalité avec eux. En Italie, oü ils furent tolérés et protégés par les gouYcrnemcnts bourgeois des cités, leur action ne fut pas nuisible; ils vécurent à côté des ,,,,,,.- / marchands et banquier~ italiens, dans une situation inférieure. Au contraire, dans les autres pays d'Europe, la rivalite des Lombards et des Toscans leur fut fatale. Nombre de mesures prises contre eux furent inspirées par les marchands italiens. Elles curent en général les plus fàcheux résultats. Elles détruisirent la prospérité commerciale du midi de la France et précipitèrent la decadence de l'Espagne. En revanche, en Hollande, oi.1les Juifs furent tolcrés, ils jetèrent les bases de la fortune commerciale des Pays-Bas, auxquels ils rendirent des services très reels dans les occasions difficiles, aux ~1eures de crise financièrè aiguë. * * * Au cours de ce long martyrologe qu'est l'histoire des Juifs au ~loyen-Age et sous l'ancien régime, ils acquirent par la longue spécialisation à laquelle les avait contraints l'ostracisme chrétien des qualités mercantiles et financières qui devaient leur permettre de s'adapter avantageusement à une société mobilisant de en plus la richesse, au point de faire reposer celle-ci sur la valeur d'échange. Le jour oü le développement capitaliste rapprochant les hommes en abouchant les valeurs, eut fait tomber les barrières religieuses qui gardaient l'accès .de la cité, les Juifs y pénétrèrent avec leurs aptitudes speciales et y trouvèrent, naturellement, un milieu favorable à l'utilisation des qualités que mille ans d'oppression leur avaient inculquées. Ils jouissaient également d'un autre avantage qui explique la rapidité de leurs succès dans la société contemporaine : ils formaient des communautés, ou, si on préfère, des colonies, dont les membres se soutenant a,•ec beaucoup d'énergie, constituaient une sorte de population étrangère au sein de la population générale. li est très uai que, longtemps, les Juifs ,se sont considérés un peuple vaincu, campé au milieu des nations conquérantes en face desquelles ils se croyaient en état de guerre et s'arrogeaient le droit d'une revanche nationale légitime. Mais l'état d'esprit particulariste du Juif était la résultante et l<>produit historique de l'isolement persécuteur oü il avait vécu. La religion mosaïque fut, au début, une religion nationale, comme toutes les religions antiques. Elle s'humanisa et brisa le moule hébraïque quand, au contact de la
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