j2 LA REVUE SOCIALISTE pes, les Yicillcs maisons du :11oycn-.Age, de la Renaissance ne nous conserYent-elles pas des enseignes qui peuYcnt prendre place parmi les œuvres d'art les plus charmantes et les pius cxprcssins? Puis, n'est-il pas préf..:rable cent fois de pouYoir contempler des enseignes affirm,rnt un effort et d'un effet réellement décoratif, plutôt que des enseignes banales ou ridicules, odieuses d'aspect, comme il s'en prcsente tant, offensantes à l'œil? De Yéritablcs artistes et d'originaux artisans d'art ne dédaigncrent pas d'entrer dans la lice et des merveilles de bon goùt furent produites, telles que : à Bruxelles, l'enseigne de la maison Symays (marche aux Poulets), par Louis Yan Bœckel; celle de Ll maison Couplet (montagne de la Cour), par Léon Mignon; celle de la maison Altcnloh (rue de la 1,!adelc:ine), par Prosper Schryvers; celle de l'estaminet c< A la Rose » (marché aux Herbes), par A. Craps; celle du magasin de cigarettes égyptiennes (place de Brouckcre), par l'architecte Ghyscls. Citons plus particuliérement une hampe de drapeau-emcignc pour un estaminet d'Anvers, par Fr,rnz van Kuyck, qui obtint k premier prix : clic en était digne. Puis vinrent trois concours d'affiches pour l'Œunc, le Comité de la Foire de Bruxelles et la Compagnie Cibils. Enfin, en aoùt 18.95, par les soins de l'Association, on Yit s'ouvrir !'Exposition nationale rétrospectiYe et moderne de l'enseigne artistique, destinée à encourager les industries d'art appliqué à l'enseigne, en mettant les productions modernes en regard des beaux modeles anciens. Cette exposition, fort bien conçue pour permettre et même provoquer les ctuàes comparées, obtint un trcs grand succcs, d'autant que ses protagonistes, fideles ù leur programme d'éducation esthétique populaire, aYaient accordé la gratuite de l'entrée aux écoles et aux groupes ouvriers. Comprenant que l'art public ne peut être complet si n'y est incorporée Li musique, dont le rolc décoratif et éducatif est indéniable, L\ssociation donna une audition de chants populaires anciens, flanunds et wallons; le succcs fut prodigieux. En un mot, l'Association Yise l'éducation esthétique collcctiYc par la conserYation des b~llcs œunes du passé et par la production d'œm-res nouvelles, publiques par leur destination, c'est-à-dire destinées à être Yues quotidiennement par le /iassa,1/; ù former son goût, par suite à transformer pour les rendre d'un aspect artistique les centres de population, tout en ten.rnt compte du mouvement et des besoins économiques. Le but, on le rnit, est on ne peut plus louable, puisqu'il tend à associer les efforts des artistes et des artisans pour l'accomplissement d'une œuvrc à la f.)is morale, éducatiYe, dont la rcpcrcnssion sur la production économique apparaît indéniable, fatale. Comme nous k disions plus haut, ces explications étaient néces-
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