La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

66 LA REYUE SOCIALISTE ks hiYcrs rigoureux se rassemblent quelquefois. Dans leurs qu,nticrs J\'.:té, aux îl~s Shctl.111d,ils ,·icnncnt Je diffl:rcnts cè>tésse réunir ~ur une colline ou dans un champ. Il faut un ou Jeux jours pour que l'assemblée soit au compkt; quand tous ks députés sont arriYés, il se produit une gr,111dcclameur; apres quoi, juges, a\'ocats, huissiers et auditeurs se jettent sur les deux ou trois prisonniers ù la barre, et les rouent de coups jusqu\i cc que mort s'cnsui\'c .. \près qth)i, la foule se dispcrsc en silence. - D.rns k nord de l'Écosse Lt aux îles Féroë, on remarque de tcmp<; ù autre des ra'iscmbkmcnts inusités Je corneilles. Elles se n'.uni~sent en grand nombre comme apres une con,·ocation; il en est quelques-unes, dont l.1tète affaissée indique l'abattement, d'autres sont orayes comme des J°LJ<Tdc'sa,utres enfin sont toutes en mou\'emcnt ~ t"'I et fort hrm·,1ntes.. \u hout d'une heure cil\"iron, l',1ssernbléc se sép,1rc, lai,sant as~cz ,;ouYcnt deux ou trois c1daHes dcrrierc clic. Quclqlll:fois les délihératio11s se prolongent pcnd,mt un jour ou deux, et il arri,·e const,1mmcnt des corneilles de différents point.... Quand l'asscmblLc est au complet, il -.c fait un bruit gl'.·néralet pcu apre, la foule se jette sur quelques indiYidus, les met ù mort et se disperse ensuite tr.111quillemcnt. - Le lang,1gc et la justice sont deux faits qui semblent s'imposer. Dans cc -.cns, l'éYèque de Cardiole ,it une cornLille, au milieu de freux en train de la juger scion les apparences. Jack, dit-il, fit un discours auquel les freux répondirent par une salYc de croass<:mcnts; le silence s'étant fait, ij reprit le dl'.·\eloppcment de ses idées et parut satisfaire ses auditeurs, car apn':s une nou\'l:llc accL1mation de leur part, l'on se sép,1r.1 amicalement, J,1d,. s'en retournant ,i son domicile sur L1tour de la cathédrale d'Ely, t;indis que les freux regagnaient leurs boc;igcs. - Les mêmes wrncillcs ont encore prêté ;\ une intéressante ohsen·,1tion que son .1uteur, le général sir George Le Gr,rnd J,1cob (.\'i11etcrntb Cmt11ry, juillet 1881), a communiquée :\ Romanes. Le gl'.·ncralétait assis sous sa Yéra11d,1haux Indes, lorsque trois ou quatre corneilles, inrcnt se percher sur un toit, 1101) loin Je lui, et se mirent à croasser aYcc une intensité de son telle qu'il les regarda curieusement. Bientôt, dit-il, il s'u1 présuna de tous les côtés en si grand nombre que le toit en fut cou,ert. Après un tapage inouï, l'assemblée parut entrer en consultation. Les croassements allerent leur train pendant quelque temps, puis la troupe cntiere s'ékYa d,rns l'air, formant cercle autour d't1ne demi-douzaine de leurs concitoyens dont l'un était hidcmment condamné, car les cinq autres lui portaient des coups incessants, sans qu'il trou\"ât moyen de s'échapper. Il finit par tombn :i terre à cnYiron trente mctres de moi, et je me Ie,·ai pour l'aller ramasser. l\1alheusemcnt, tout endommage qu'il était, il réussit à me glisser entre les mains, et \'Ola péniblement et pr<:sque ,i ras du sol ,·ers des buissons,

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