La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

L'ACCORD POCR LA \ïE DANS LES SOCIÉTJ~S A~nJALES 65 et un chardonneret, o<loptc par le serin faisant office <le bon Samaritain et qui, ne pouYant arriYer :i sustenter le petit, força .\ coups de bec le chardonneret à le faire. » - « Le capitaine Sullivan, de la marine royale anglaise, Yit pendant plus d'une demi-heure, aux îles Falkland, un canard loggcr hadcd <lcfendrc une oie des plateaux contre les attaques rcpétécs d'un milan. L'oie alla altcrnatiYement Je la terre à la mer et de la mer :i la terre, toujours sui,·ic du canard qui la dffcn<lait, et cependant cc dernier n'a en général aucune relation aYcc l'oie. Est-cc la haine du milan comme le prouYcnt les 1ùmions de petits oiseaux, ou l'idée de prc:tcr secours :i un autre animal dans l'embarras? Le fait n'en est pas moins intfrcssant. » ( foycau de Courmelles, op. cit., p.·296-29ï· Plusieurs espcces d'oiseaux ont un Yif ~ouci de la justice distributive. Les groupes scparés de pingouins ont des places de repos sépan'.:cs, des régions séparccs pour la pêche, et ne combattent pas pour lès conqufrir. (Kropotkine, ibid.) Un aigk d'une espécc sociable fut un jour aperçu par M. ScYcrstoff. li montait trés haut dans les airs. « Pendant une <lemi-hcure, il décriYait, muet, ses cercles dans l'csnace. Aprés quoi il fit entendre un cri perçant. Un autre aigk y répon6it de suite et l'approcha. Il fut bientôt sui,·i par un troisil'.:rnc, un quatriémc, et ainsi de suite; et lorsqu'ils furent une dizaine, ils disparurent. Le soir, M. Sevcrstoff se dirigea dans la même direction, et, caché par un repli de terrain, il put les approcher. Ils étaient réunis autour d'une charogne. Les vieux, qui généralement commencent le repas les premiers, - cc sont leurs régies de bienséance, - étaient déjà plantés, .repus, sur les meules de foin des en virons et faisaient sentinelle, pendant que les jeunes, entourés de corbeaux, continuaient à se régaler.» ( Kropotkine, ibid.) - Il arrive chez les freux, dit Fabre (cité par FoYcau de Courmelles, op. cil., p. 279), qu'un jeune couple, encore inexpérimenté, abandonne un moment son nid en construction pour aller ;\ la recherche de matériaux. Des \'Oisins le pillent-ils pour employer bûchettes, touffes d'herbe ou de mousse à leur bàtissc propre? « A leur retour, les Yolés entrent dans des colcrcs bleues, accusent l'un, accusent l'autre, embauchent quelques amis et tombent à grands coups de becs sur les Yoleurs, si le larcin n'a pas été habilement dissimulé: » (Cf. Conch, Illustrntions of i11stinct, cite par le même, p. 303). Goldsmith a YUjusqu'a huit ou dix de ces freux lcYés pour faire justice contre l'intrus ou le Yoleur et le pourchasser sans pitié. (Ibid., p. 302.) Il y a même une espcce proche parente dc·s freux, celle des corneilles -corvus comix- qui rend des arrêts et les fait exécuter. « Le docteur Edmonson raconte (View of tbe Shetland lsla11ds) que ces oiseaux, qui viYcnt généralement par couples à de grandes distances les uns des autres et parfois solitaires dans le midi et l'ouest de l'Angleterre, dans

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