LES « IXTELLECTCELS » DE LA PATRIE FRAXÇAISE ï2i drait tout naturellement une direction et, sans secousse, un organe de la volonté nationak se créerait ». Mais on a beau se connaitre, nul ne peut savoir.....:...individu ou société - ce qu'il de\'iendra. Tant de causes impossibles à prévoir peuvent surgir qui changeront la voie de l'évolution! Parce qu'on hésite, parce qu'on dtonne, parce qu'il est impossible d'entrevoir le lieu et le moment où l'on rencontrera le but, faut-il retourner en arriére? Le pionnier qui va chercher la fortune dans la forêt vierge ou dans des solitudes ignorées rcviendra-t-il à son point <le départ parce que les lianes s'enche\'ètrent sous ses pas et que la nature lui tend des embùches sans nombre? Non, il marchera toujours, tantôt vite, tantôt lentement, et s'il est obligé de reculer il gardera encore la volonté d'avancer. Avancer! avancer toujours! chercher à percer les ténèbres oü elle est plongée, tel est le but de l'humanité. C'est pour cela que, quelle que soit sa condition, quelle que soit sa félicité momentanée, elle ne s'en peut contenter et aspire à un <.':tatsupérieur. C'est le mouvement perpétùel qui s'accomplit, non point suivant unl' ligne circulaire, mais suivant une spire qui monte constamment et dont l'origine se perd dans l'obs~urité des premiers âges. L'idée de patrie, comme toute chose, évolue et s'élargit. M. Barrès paraît ne point s'en rendre compte. Et pourtant il en saisit parfaitement les transformations dans le passé ; il a une CQnception nette de la création de l'unité française .. Mais il semble qu'il Yeut la pétrifier dans le présent; et lui, qui jette la pierre aux métaphysiciens, est forcé de recourir pour étayer sa théorie à des arguments métaphysiques, voire même à des arguments mystiques qu'il cherche vainement à dissimuler sous des considérations pseudo-scientifiques, sous de fausses observations qui ne résistent guère à la logique. * * * Nous arrivons maintenant aux discours de M. Brunetière. Autant on peut reprocher à M. Lemaitre, a M. Barrés, de se payer de mots et de cacher l'absence d'arguments sous une phraséologie adroite et brillante parfois, autant il faut reconnaître qu'avec M. Brunetière nous nous trouvons en presence d'idées nettement exposées et solidement discutées. Dans le discours qu'il prononça a la salle de la Société d'Horticulture, le directeur de la Revue desDeux Mondes a produit, en faveur du militarisme, des arguments précis qui sont trop intéressants pour ne pas être assez longuement examinés ici.
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