LES « J:--TELLECTCELS » DE LA PATRIE FHA:--ÇA!SE 725 gloire de la France. En cela ils sont l'expn.:ssion la plus h:rnte de cc « cosmopolitisme » que certains haïssent et répudient si Yiolcrnment. Homo s11111, et 11ihilh11111rri1i 1i11enlie1111p111t !0; ces mots du vieux Térence sont l'épigraphe la meilleure de la doctrine internationaliste. lis disent quel crime on commet en Youlant replier k pays sur soimême, en obligeant un peuple à ne jamais regarder au dehors, Yers les horizons infinis de l'humanité. La patrie ne saurait être une fin; cc n'est qu'un moyen terme entre l'indiYidu et la famille d'un cote, l'humanité de l'autre. C'est encore la conception du patriotisme cristallisé dans le passé qui inspire M. 11auricc Barrès. Le titre de son discours en dit déjà suffisamment par lui-mêmc : Ln /erre el les 111or/ss;ur quelles réalités fonder ln co11scie11Jrcne11ç11ise? « L'esprit commun qui nous anime:, formule M. 1lauricc Barrès, est né de cettc co11\'iction féconde qu'une patrie est fondée sur les morts ct sur la terrc, que les prècédcnts historiques et les conditions géographiques, rnil,'t lcs dcux réalités qui règlcnt la conscicnce nationale. » En un mot, « pour permcttn.: ù la conscience d'un pays tel que la France de se dégager, il faut rnci111T les individus dans la terre et dans les morts ... « Que serait donc un homme à ses propres yeu:-., s'il ne représentait que soi-même? Qua11Ll chacun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indéfinie de mystères dont les ages les plus récents s'appellent la France. >-:ous sommes îc produit d'une collcctiYitè qui parle en nous. Que l'influence des ancêtres soit permanente et les fils seront énergiques et droits ... » C'est la paraphrase de la déclaration de la ligue de la Patrie ftançaisc : « fortifier l'esprit de solidarité qui doit relier entre clics, :\ travers le temps, toutes les générations d'un grand peuple». Nous avons déjà dit cc que nous en pensions, nous a\'ons cité l'opinion d'hommcs·considérables comme M. Lavisse et 11. Gaston Paris. Nous n'insisterons donc pas autrement. Disons seulement que si, en cffot, la tradition, le sou\'enir des morts, l'admiration de leurs actes, sont des éléments constitutifs de la conscience nationale, ils n'en sont pas tous les éléments. Un peuple vit aussi dans le futur et la conscience nationale est faite non seulement du passé, mais aussi d'une foule d'aspirations plus ou moins prccises qui lui font tourner les yeux Yers l'avenir. Et c'est le propre de la vie. Les gcnérati'.)ns humaines ne se superposent pas; elles s'ajoutent, chacune faisant profiter la suiYantc de ce qu'elle a pu acquérir. Rien de plus faux que ce mot de La Bruycre : « Tout est dit et l'on vient trop tard depuis six mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent. » Car, alors, pourquoi penser,
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